Guadeloupe : tensions croissantes autour de la vie chère malgré des blocages temporaires

Depuis mercredi, un collectif diversifié bloque plusieurs routes en Guadeloupe pour protester contre la vie chère. Cette mobilisation s’est intensifiée le vendredi 16 août, marquée par de violents affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, comme l’indiquent les autorités locales.

EN BREF

  • Des blocages de routes sont en cours à travers l’archipel pour dénoncer la vie chère.
  • Des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont fait plusieurs blessés.
  • Le mouvement est mené par le collectif « Nou las Palé », qui regroupe divers acteurs locaux.

Les routes deviennent des champs de bataille temporaires, entravées par des palettes, des véhicules et des arbres, généralement dégagés durant la journée. Les barrages se situent dans plusieurs communes, y compris dans des zones sensibles comme le parc national, au sud de l’archipel.

Ce mouvement de contestation est orchestré par le collectif « Nou las Palé » (traduit comme « Fatigué de parler » en créole), une coalition qui inclut des figures notables du secteur du bâtiment, des représentants syndicaux issus de la pêche, des très petites entreprises (TPE) et des militants locaux engagés.

Le vendredi 16 octobre, six policiers ont été légèrement blessés dans la zone de Basse-Terre (sud-ouest), où un barrage a été levé au petit matin. Philippe Miziniak, directeur territorial de la police nationale, a confirmé que cinq des policiers avaient été touchés par des jets de pierre pendant l’évacuation d’un barrage à Rivière des Pères. Le préfet a exprimé sa vive inquiétude et a fermement condamné ces violences.

Dans la région de Boucan, au Nord de Basse-Terre, la situation reste tendue. Les gendarmes affrontent des jeunes lançant des projectiles, tandis que des gaz lacrymogènes sont utilisés en réponse. Ludovic Tolassy, un des leaders du collectif, a déclaré à l’AFP que ce mouvement est « guadeloupéen » et sa diffusion à travers l’archipel n’est pas surprenante.

Cependant, cette mobilisation rencontre un succès mitigé. Les syndicats traditionnels et les partis politiques choisissent pour l’instant de rester à l’écart des revendications portées par le collectif. Les organisateurs avaient annoncé plusieurs semaines en amont leurs intentions de faire entendre une dizaine de revendications, notamment la baisse des prix du carburant, l’accès à l’eau potable, ainsi que des mesures contre la vie chère et l’insécurité.

Des réunions publiques, teintées de revendications identitaires, se sont tenues depuis le début du mois. Le représentant des TPE a critiqué les « charges » pesant sur les entreprises, évoquant même la nécessité d’abolir la sécurité sociale. Son homologue du BTP s’est exprimé sur le « grand remplacement » des entreprises guadeloupéennes.

Le mouvement a débuté avec un blocage significatif à Jarry, la principale zone industrielle de l’archipel, où plusieurs tonnes de gravats, possiblement amiante, ont été déversées. Des tests pour vérifier la présence d’amiante ont été effectués, avec des résultats attendus la semaine prochaine.

Les discussions entre le collectif et le préfet Thierry Devimeux ont été rompues. Ce dernier rejette la légitimité du collectif, affirmant que les revendications sont connues et discutées tout au long de l’année avec les instances représentatives. Lors d’une conférence de presse mercredi, il a déclaré que les revendications avaient déjà été abordées et que des mesures étaient en place pour y répondre.

La situation en Guadeloupe reste donc incertaine, avec un climat de tension palpable et des appels à la mobilisation qui continuent de se faire entendre. Les prochaines heures et jours seront cruciaux pour l’évolution de ce mouvement et la réponse des autorités face à des revendications qui touchent à la vie quotidienne des habitants de l’archipel.