Sécheresse : les coopératives agricoles préviennent d’une hausse imminente des prix alimentaires

La sécheresse persistante et les épisodes de canicule qui ont frappé la France cet été laissent présager des conséquences économiques significatives pour le secteur agricole. Dany Rochefort, vice-président de La Coopération Agricole, alerte sur les répercussions de cette crise sur les prix des denrées alimentaires dans les supermarchés.

EN BREF

  • La sécheresse a provoqué des pertes de récoltes de 60 à 65 % pour certains agriculteurs.
  • Les aides gouvernementales jugées insuffisantes face aux pertes annoncées.
  • Les coopératives agricoles préviennent d’une hausse des prix alimentaires dans les mois à venir.

D’après Dany Rochefort, l’ensemble des territoires français a été sévèrement touché par la sécheresse depuis la fin mai. Les exploitants agricoles, comme lui, subissent des pertes considérables. Par exemple, sa production de maïs, essentielle pour nourrir ses animaux, a subi une chute dramatique. « Je vais devoir acheter davantage d’aliments, donc un coût de production qui, dans les mois qui viennent, va véritablement exploser », souligne-t-il.

En dépit d’un premier plan d’urgence gouvernemental de 1,3 milliard d’euros, Rochefort estime que les aides ne répondent pas à l’ampleur des besoins. Une part significative de cette enveloppe est dédiée aux dispositifs d’assurance, souvent inaccessibles à tous les agriculteurs. En Bretagne, les aides directes s’élèveraient à 4 500 à 5 000 euros par exploitation, une somme jugée dérisoire face aux pertes et aux déficits de trésorerie à venir.

Au-delà des enjeux financiers, le vice-président de La Coopération Agricole met en avant la fatigue accumulée par les agriculteurs. « Je parlerais surtout de fatigue. La colère, je ne crois pas que nous en sommes là », déclare-t-il. Les agriculteurs doivent se préparer aux semis d’hiver tout en tentant de reconstituer leurs stocks de fourrage pour nourrir leurs animaux. Les semaines à venir seront cruciales pour évaluer l’ampleur des difficultés financières auxquelles ils devront faire face.

Rochefort appelle également à soutenir les jeunes agriculteurs, rappelant qu’environ la moitié des nouveaux entrants dans le secteur ne proviennent pas du milieu agricole. Cette crise pourrait avoir des répercussions sur les prix alimentaires, un sujet de préoccupation majeur pour les coopératives. Lors des négociations commerciales de début 2026, celles-ci avaient demandé une hausse tarifaire de 3,5 %, mais n’avaient obtenu qu’une augmentation de 0,05 % de la part de la grande distribution.

Les coûts de production, déjà élevés, continuent d’augmenter, notamment en raison de la hausse des prix de l’énergie, des emballages, du transport et de la main-d’œuvre. « Nous avons déjà joué le rôle d’amortisseur pour encaisser ces coûts-là », précise-t-il. Sans fournir de prévisions chiffrées pour 2027, Rochefort insiste sur le fait que les prochaines négociations commerciales devront impérativement prendre en compte ces surcoûts.

À l’approche de l’élection présidentielle, La Coopération Agricole souhaite également interpeller les candidats sur la nécessité de renforcer la compétitivité de l’industrie agroalimentaire française. Rochefort souligne que les coopératives doivent retrouver des marges suffisantes pour rémunérer convenablement les agriculteurs et moderniser leurs installations, souvent vieillissantes. Il met en avant la concurrence accrue de pays comme l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, qui ont gagné en compétitivité. « On doit rattraper ce retard », conclut-il, un enjeu qu’il entend porter lors du Salon international de l’agroalimentaire.