La ménopause, étape significative dans la vie des femmes, est désormais reconnue comme un enjeu majeur de santé publique. Les symptômes associés, tels que les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil, la fatigue et la baisse de libido, affectent la qualité de vie de nombreuses femmes. Ce constat a poussé le ministère de la Santé à prendre des mesures concrètes pour améliorer l’accompagnement des femmes durant cette période.
EN BREF
- Le ministère de la Santé annonce des engagements pour mieux accompagner les femmes en ménopause.
- Une campagne d’information nationale sera lancée en janvier 2027 sur le sujet.
- Des recommandations pour les professionnels de santé seront diffusées aux débuts de l’année prochaine.
Lors des premières Assises de la ménopause, tenues le 15 octobre, le ministère a mis en lumière les résultats d’une étude menée par le Dr Alexandre Vallée à l’Hôpital Foch. Cette recherche, appelée CLIMATERE, révèle que 17,2 millions de femmes en France subissent cette transition hormonale, avec des impacts significatifs sur leur qualité de vie. En effet, près de 49 % des femmes interrogées rapportent une altération de leur quotidien en raison des symptômes de la ménopause.
Les troubles du sommeil, particulièrement fréquents pendant la périménopause, touchent de nombreuses femmes. L’étude indique également qu’une femme sur deux ressent une fatigue intense et une baisse de libido, tandis que 40 % d’entre elles signalent une prise de poids. Malgré cela, seulement 51 % des femmes se disent bien informées sur la ménopause, et 61 % n’ont jamais reçu d’informations d’un professionnel de santé. De plus, 57 % des femmes estiment que ce sujet reste difficile à aborder.
Stéphanie Rist, ministre de la Santé, a souligné l’importance de considérer la ménopause comme une période d’épanouissement. Elle a déclaré : « La ménopause est une chance. Elle peut être une période de liberté, d’épanouissement et de nouveaux équilibres. » Dans cette optique, le gouvernement s’engage à fournir aux femmes les outils nécessaires pour vivre cette étape dans de meilleures conditions.
Pour sensibiliser le grand public, une campagne nationale d’information est prévue pour janvier 2027, en collaboration avec Santé publique France et Mesdames Productions. Ce projet comprendra dix vidéos pédagogiques qui aborderont les diverses dimensions de la périménopause et de la ménopause, tout en évitant les discours anxiogènes. Un guide de bonnes pratiques sera également élaboré pour aider les créateurs de contenus à diffuser des informations fiables.
En ce qui concerne la prise en charge médicale, le dispositif Mon Bilan Prévention sera renforcé. Ce rendez-vous, proposé entre 45 et 50 ans, permettra d’échanger avec un professionnel de santé sur les habitudes de vie et les facteurs de risque, notamment en ce qui concerne le diabète et les maladies cardiovasculaires. Ce sera également l’occasion d’aborder le sujet de la ménopause pour mieux informer et orienter les femmes.
Les professionnels de santé ne seront pas en reste. La Haute Autorité de santé prévoit de publier des recommandations début 2027, qui seront largement diffusées pour améliorer la formation continue des praticiens sur la ménopause. Cela vise à renforcer les connaissances autour de cette étape cruciale de la vie des femmes.
Enfin, une autre annonce importante concerne l’ouverture de négociations entre l’Assurance maladie et les sages-femmes, en vue de la mise en place d’une « consultation longue ménopause ». De plus, la ministre a sollicité la Haute Autorité de santé pour étudier les conditions dans lesquelles les sages-femmes pourraient être habilitées à prescrire des traitements hormonaux liés à la ménopause.
Ces nouvelles mesures témoignent d’une volonté réelle de prendre en compte les besoins des femmes durant cette période de transition. L’accent mis sur l’information et la formation des professionnels de santé est un pas essentiel vers une meilleure reconnaissance de la ménopause comme une étape naturelle et importante de la vie des femmes.