Roland-Garros en 1928 : de l’enceinte en bois à un stade moderne de tennis

En 1928, le célèbre stade Roland-Garros n’était qu’un chantier en cours de construction, situé à la porte d’Auteuil. À cette époque, cinq courts étaient érigés en bois pour accueillir une finale de Coupe Davis qui devait marquer les esprits. Près d’un siècle plus tard, le site affiche une toute autre image, avec un toit rétractable et des séances de tennis nocturnes. Cet article retrace l’évolution de ce lieu emblématique, marqué par des événements historiques, des transformations architecturales et des souvenirs inoubliables.

EN BREF

  • En 1928, Roland-Garros est construit en bois pour une finale de Coupe Davis.
  • Le stade est devenu un symbole moderne avec 15 000 places et un toit rétractable.
  • Le site a connu des événements tragiques durant la Seconde Guerre mondiale.

L’histoire de Roland-Garros débute par une victoire, celle des « Quatre Mousquetaires » qui rapportent la Coupe Davis en France. Cette réussite incite à la construction d’un stade digne de ce nom, car les installations existantes sont jugées trop limitées. Ainsi, durant l’hiver 1927-1928, un nouveau stade en bois est érigé sur un terrain du Stade français. Il s’étend sur 3,25 hectares et comprend cinq courts, le court central pouvant accueillir jusqu’à 10 000 spectateurs.

Le nom du stade, Roland-Garros, ne fait pas référence au tennis, mais honore la mémoire de l’aviateur pionnier mort en 1918. Ce choix de nom a été proposé par Émile Lesieur, ancien camarade de l’aviateur. Le tournoi de tennis, lui, existe depuis 1891, mais il se tenait ailleurs avant de s’installer dans ce nouveau stade.

Un passé chargé d’histoire

Le stade de Roland-Garros n’a pas toujours été un lieu dédié au sport. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est réquisitionné par les autorités et devient un camp de transit pour des personnes considérées comme indésirables. Des milliers de prisonniers, dont l’écrivain Arthur Koestler, y sont retenus, une réalité difficile à imaginer pour ceux qui viennent assister à une finale de tennis des décennies plus tard.

Après la guerre, le tournoi reprend, mais les compétitions organisées sous l’Occupation ne sont pas reconnues dans l’histoire officielle. Le décompte des éditions s’arrête en 1939 et reprend en 1946, marquant ainsi un nouveau départ pour ce lieu chargé d’histoire.

La transformation du site

Depuis sa création, Roland-Garros a subi de nombreuses modifications. À l’heure actuelle, le court Philippe-Chatrier affiche une capacité de 15 000 places, avec 8 000 en couronne basse, comprenant 230 loges, et 7 000 en couronne haute. Ce court a été rénové en 2020 et bénéficie d’un toit rétractable, conçu pour ressembler à une aile d’avion. Ce détail architectural rappelle le biplan de l’aviateur dont le stade porte le nom, un clin d’œil souvent ignoré par le public.

En termes de superficie, le stade dépasse désormais les 13 hectares, alors qu’il n’en mesurait que 3,25 en 1928. Le complexe comprend aujourd’hui une vingtaine de courts, dont trois grands stades : Philippe-Chatrier, Suzanne-Lenglen et Simonne-Mathieu. La différence avec les cinq courts d’origine est frappante.

Les tarifs des billets ont également suivi cette évolution. Pour l’édition 2026, les prix vont de 15 euros pour un court annexe à 420 euros pour une finale sur le court central. Les séances nocturnes, rendues possibles par le toit, débutent à 50 euros.

Il est surprenant de constater que, malgré l’augmentation de la capacité globale, le court central a perdu des places au fil des années. Cela est dû à des travaux de modernisation qui ont été réalisés pour améliorer le confort des spectateurs, avec l’ajout de vestiaires, d’une salle de presse et d’espaces pour les partenaires. En effet, un stade de bois ne suffisait plus à accueillir un tournoi de renommée mondiale.

En 2026, il est fascinant de penser à ce que sera Roland-Garros dans un siècle. Chaque époque se croit au sommet de la modernité, et le site continue de se réinventer, tout en restant un pilier du tennis mondial.

Ainsi, l’histoire du stade de Roland-Garros est celle d’une transformation continue, d’un hommage à la mémoire d’un aviateur, mais aussi d’une résilience face à des périodes sombres. Ce lieu, devenu emblématique, continue d’évoluer tout en portant en lui les traces d’un passé riche et complexe.