Edi Rama durcit la législation sur les manifestations face à la violence en Albanie

Le Premier ministre albanais, Edi Rama, a annoncé son intention de renforcer la législation encadrant les manifestations, dans un contexte de violences croissantes lors des rassemblements demandant sa démission. Lors d’une allocution diffusée en direct sur les réseaux sociaux ce dimanche, il a exposé son projet de loi inspiré du modèle français du « casseur-payeur », visant à responsabiliser les participants aux manifestations violentes.

EN BREF

  • Edi Rama souhaite renforcer la législation sur les manifestations en Albanie.
  • Les participants à des rassemblements violents risquent des amendes de plus de 500 euros.
  • La police pourra restreindre les rassemblements jusqu’à 72 heures en cas de risque de violence.

Cette annonce survient dans un climat tendu, marqué par des manifestations régulières à Tirana depuis mi-octobre, où des groupes de manifestants ont défié les forces de l’ordre et attaqué des bâtiments officiels. Les revendications portent principalement sur la lutte contre la corruption et l’amélioration des conditions d’études. Edi Rama, au pouvoir depuis 2013, a souligné dans son discours que ceux qui exigent sa démission se trompent en pensant qu’elle peut être obtenue par la force.

Le projet de loi en préparation, qui sera présenté la semaine prochaine, contient plusieurs mesures clés. Parmi celles-ci, quiconque est identifié dans une foule commettant des actes de violence ou de pillage sera passible d’une amende de plus de 500 euros. De plus, la police sera habilitée à interdire des rassemblements jusqu’à 72 heures dans des zones spécifiques jugées sensibles, si un risque de violence est avéré.

En complément, cette législation prévoit des mesures d’indemnisation immédiate pour les petites entreprises touchées par les manifestations, ainsi que la possibilité de suspendre ou de révoquer les personnes qui organisent des rassemblements impliquant des mineurs. Ces dispositions ont suscité des débats au sein de la société, notamment parmi les enseignants qui soutiennent les revendications des étudiants en lutte pacifique depuis plusieurs mois.

Les tensions se sont intensifiées ces derniers jours, avec 23 arrestations lors des dernières manifestations. La police a également annoncé que 13 personnes font l’objet de poursuites judiciaires et que 30 autres sont actuellement recherchées. Edi Rama a dénoncé des ingérences extérieures dans la dynamique de protestation qui secoue le pays, tout en reconnaissant que certaines critiques formulées contre son gouvernement ne sont pas infondées.

À l’approche de la présentation de ce projet législatif, l’Albanie se trouve à un tournant, où la gestion des foules et la sécurité publique sont au centre des préoccupations gouvernementales. Les mesures envisagées par Edi Rama pourraient avoir un impact significatif sur la manière dont les manifestations seront régulées, tout en répondant aux attentes d’une population de plus en plus mobilisée.