Amine Kessaci témoigne au procès de son frère et évoque sa quête de justice

À la cour d’assises d’Aix-en-Provence, le procès de cinq accusés liés à un triple assassinat a pris une tournure poignante. Amine Kessaci, frère de l’une des victimes, s’est exprimé avec émotion sur les conséquences tragiques de cette violence. Il a affirmé : « Je ne suis pas là pour la vengeance mais pour la justice ». Son témoignage a été marqué par un profond désir de rendre hommage à son frère, Brahim, et de dénoncer le système qui a conduit à ces tragédies.

EN BREF

  • Amine Kessaci témoigne au procès du triple assassinat de son frère Brahim.
  • Il évoque sa douleur et son engagement pour aider les familles touchées par la violence.
  • Amine Oualane, accusé, reconnaît la douleur de Kessaci et lui exprime sa gratitude.

Vêtu d’un pantalon marron et d’une veste blanche, Amine Kessaci a pris la parole avec une détermination palpable. Son témoignage a été précipité par l’absence d’un témoin clé, l’ex-compagne d’Amine Oualane, ce qui a entraîné la demande d’un mandat d’amener. Kessaci a alors partagé des souvenirs de son frère, décrivant un homme qui, malgré les tumultes de sa vie, prônait l’éducation et l’espoir pour sa famille. « L’école était le seul moyen de nous sortir de Frais-Vallon », a-t-il déclaré.

Le 28 décembre 2020, le soir du départ tragique de Brahim, Amine Kessaci s’était engagé dans une visioconférence, ignorant qu’il ne pourrait plus jamais embrasser son frère. « Ce 28 décembre, pendant les fêtes, est devenu une condamnation à perpétuité pour nous », a-t-il ajouté, soulignant la douleur d’une famille marquée par l’absence. En novembre 2025, la perte de son autre frère, Mehdi, dans des circonstances similaires, a intensifié son combat contre la violence liée au narcotrafic.

À la morgue, face au corps de Brahim, Amine Kessaci a pris une promesse : « Je ne me tairai pas ». Il a dédié son engagement à raconter l’impact des violences sur les familles, créant l’association « Conscience » pour soutenir les victimes. « Personne ne vient vous demander si vous allez bien dans ces moments-là », a-t-il souligné, mettant en lumière le besoin urgent d’accompagnement psychologique dans de telles tragédies.

Durant le procès, Amine Oualane, présenté comme un cadre de la DZ Mafia, a tenu à remercier Kessaci pour son engagement. Par l’intermédiaire de son avocate, Inès Médioune, Oualane a exprimé sa compréhension de la douleur de Kessaci, ayant lui-même perdu sa mère et sa sœur dans des violences. « Vous avez énormément aidé la mère d’un certain Pichou », a-t-il déclaré, saluant le travail de l’association « Conscience ».

Amine Kessaci, malgré la douleur et les menaces qui pèsent sur lui, a affirmé qu’il ne ressentait pas de haine. « Je n’accepterai jamais que l’on m’arrache mon humanité », a-t-il déclaré, rappelant que son frère n’a pas eu droit à une défense. Ce procès n’est pas qu’un simple affrontement entre accusés et victimes, mais un appel à la justice et à la compréhension.

Le chemin de la justice est souvent semé d’embûches, mais l’engagement d’Amine Kessaci reste ferme. Sa détermination à faire entendre la voix des victimes et à lutter contre la violence est un témoignage poignant de l’impact des tragédies sur la vie des familles. Au-delà des conflits, c’est un appel à la solidarité et à la compassion qui résonne dans son discours.