Ce mercredi 28 octobre, l’Espagne fait face à un nouveau drame ferroviaire. Deux trains sont entrés en collision dans la région de Castille-La Manche, au sud de Madrid, entraînant un bilan tragique de 68 morts et 77 blessés, dont 15 dans un état critique. Cet incident survient moins d’un an après un précédent accident ayant déjà ébranlé le pays.
EN BREF
- Collision entre deux trains en Castille-La Manche, 68 morts et 77 blessés.
- Ministre des Transports qualifie la décision du contrôle « d’inexplicable ».
- Premier ministre promet des éclaircissements sur d’éventuelles négligences.
Lors d’une conférence de presse, le ministre des Transports, Óscar Puente, a exprimé son choc face à la tragédie. Il a souligné qu’il était « absolument dévasté » et a critiqué la décision prise par le centre de contrôle, qui a permis à l’un des trains, opéré par Renfe, de poursuivre son trajet malgré un problème technique. Ce train est entré en collision avec un autre, celui de la compagnie Iryo, qui était à l’arrêt.
Le ministre a détaillé les circonstances qui ont conduit à cette catastrophe. Le système de contrôle de la gare d’Urda a subi une panne vers 8h30, entraînant une perte de communication sur un tronçon de 63 kilomètres. Cette défaillance a conduit à l’arrêt automatique des trains, mais le centre de contrôle d’Adif, qui opère 24 heures sur 24, a pris la décision de permettre au train de Renfe de reprendre la circulation malgré un signal rouge interdisant cette manœuvre. « Une erreur de jugement aurait été commise », a-t-il déclaré, qualifiant la décision de « inexplicable ».
Des investigations sont en cours pour comprendre les raisons de cette autorisation donnée alors que les conditions de sécurité n’étaient pas réunies. Les autorités ont déjà entendu plusieurs témoins, notamment ceux qui ont travaillé au centre de contrôle pendant l’accident, afin d’évaluer les responsabilités.
Entre 8h36 et 8h52, le train de Renfe a parcouru une distance de 25 kilomètres à une vitesse d’environ 200 km/h avant de percuter le train immobilisé d’Iryo à 8h54. Au total, près de 500 passagers étaient à bord des deux trains, amplifiant ainsi la gravité de l’accident.
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, s’est également rendu sur les lieux de l’accident et a exprimé son indignation face à cette nouvelle tragédie ferroviaire. Il a jugé « inacceptable » qu’un tel incident puisse se reproduire en Espagne. « Si des négligences sont à l’origine de cet accident, elles seront révélées », a-t-il promis, engageant ainsi le gouvernement à faire toute la lumière sur les circonstances de cette collision.
Cette catastrophe survient moins d’un an après un accident similaire à Adamuz, en Andalousie, qui avait coûté la vie à 46 personnes, provoquant une onde de choc à travers le pays et des critiques acerbes de l’opposition. L’ancien accident a suscité une méfiance croissante envers le gouvernement de gauche de Pedro Sánchez, et cette nouvelle tragédie relance les débats sur la sécurité ferroviaire en Espagne.
À l’heure actuelle, les familles des victimes et les blessés attendent des réponses alors que le pays est une nouvelle fois plongé dans le deuil et l’inquiétude quant à la sécurité de son réseau ferroviaire.