Une histoire singulière mêlant art et découverte inattendue a ébranlé le monde de la peinture en 2019. Cela a débuté par un simple dégât des eaux dans une maison près de Toulouse, mais cela a conduit à la mise au jour d’une toile oubliée depuis 150 ans, attribuée au maître baroque Michelangelo Merisi, connu sous le nom de Caravage.
EN BREF
- Une toile du Caravage retrouvée dans un grenier près de Toulouse a été estimée entre 100 et 150 millions d’euros.
- Le tableau a été vendu de gré à gré deux jours avant les enchères prévues.
- Le débat persiste sur l’attribution de l’œuvre au Caravage ou à Louis Finson.
En 2014, les propriétaires de cette maison ont décidé d’explorer leur grenier pour identifier l’origine d’une fuite d’eau. Ce qu’ils ont découvert était bien plus qu’un simple dégât : une grande toile sombre, mesurant 144 centimètres sur 173, représentant une scène dramatique où Judith décapite Holopherne, un récit biblique connu. Au premier abord, cette toile semblait être une œuvre oubliée sans valeur.
Pourtant, cette découverte a pris un tournant décisif lorsqu’ils ont fait appel à Marc Labarbe, commissaire-priseur à Toulouse. Ce dernier a rapidement compris que cette toile n’était pas une simple « croûte de grenier ». Sa qualité artistique et sa composition indiquaient qu’elle pouvait être l’œuvre d’un grand maître. Labarbe a alors contacté l’expert parisien Éric Turquin pour mener une enquête approfondie.
Les investigations ont révélé que le tableau pourrait être une version perdue d’une œuvre du Caravage. Ce dernier, actif à Naples dans les années 1600, avait déjà réalisé une première version de Judith, conservée à Rome. Les archives historiques établissent que Louis Finson, un peintre flamand, avait possédé l’original, qui avait ensuite disparu.
Lorsque la découverte a été rendue publique en 2016, elle a suscité un véritable engouement dans le monde de l’art. Le tableau a été classé « trésor national », interdisant son exportation pendant 30 mois, afin de permettre à un musée français de l’acquérir. Les discussions se sont alors engagées entre l’État et le musée du Louvre pour une éventuelle acquisition, mais la somme demandée de 100 millions d’euros a finalement été jugée trop élevée.
L’œuvre a été exposée dans plusieurs villes à travers le monde, attirant plus de 20 000 visiteurs. La vente aux enchères a été programmée pour le 27 juin 2019, avec une estimation qui a fait couler beaucoup d’encre entre 100 et 150 millions d’euros, plaçant ce tableau parmi les plus chers de l’histoire des enchères en France.
Mais un rebondissement inattendu s’est produit le 25 juin, deux jours avant la vente. La maison de ventes a annoncé que le tableau avait été vendu de gré à gré à un acheteur étranger, sans révéler le montant de la transaction. Selon des sources, cet acheteur pourrait être J. Tomilson Hill, un collectionneur américain, qui aurait promis de prêter l’œuvre à un musée.
Cette vente soulève des questions cruciales concernant l’attribution de l’œuvre. Alors que certains experts, comme Éric Turquin, défendent l’idée qu’il s’agit bien d’un Caravage, d’autres remettent en question cette attribution, suggérant qu’il pourrait s’agir d’une œuvre originale de Finson. Cette incertitude souligne l’impact que peut avoir une attribution sur la valeur d’une œuvre d’art.
En somme, cette histoire rappelle que des découvertes inattendues peuvent se cacher dans des lieux ordinaires. De nombreux objets du quotidien, souvent négligés, peuvent renfermer des trésors insoupçonnés. Avant de jeter un coup d’œil dans un grenier ou un vide-grenier, il est prudent de demeurer attentif aux objets qui vous entourent.