Le 29 octobre dernier, Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement, a clarifié la situation concernant l’avenir des radars routiers en France. Sur les ondes de RMC-BFMTV, elle a démenti les rumeurs selon lesquelles l’État envisagerait de doubler le nombre de radars d’ici 2027. Selon elle, il ne s’agit pas d’une augmentation, mais bien d’un renouvellement des dispositifs existants.
EN BREF
- Pas de doublement des radars, mais un renouvellement des dispositifs existants.
- Les recettes d’amendes devraient rester constantes, autour de 2,2 milliards d’euros.
- Les nouveaux radars, dont certains seront commandés par les mairies, seront déployés d’ici 2031.
Maud Bregeon a précisé que « entre 2026 et 2027, l’estimation des amendes qui rapportent à l’État sont à volume constant ». En effet, les prévisions indiquent un total d’environ 2,2 milliards d’euros, ce qui représente une légère augmentation par rapport aux années précédentes. Le ministère de l’Économie a également signalé que le nombre de radars automatiques dans le pays ne dépassera pas 4 900 unités en 2027, tout en annonçant une modernisation généralisée de ces dispositifs.
Le déploiement de nouveaux radars a commencé l’an dernier, avec plus de 150 appareils déjà en service sur les 340 prévus d’ici la fin de 2026. Ces nouveaux dispositifs remplaceront des radars anciens, favorisant ainsi une mise à jour technologique des équipements.
Une évolution vers des radars urbains
Il est intéressant de noter que les radars urbains de deuxième génération, en attente d’homologation, seront commandés par les municipalités. Cela fait partie d’une initiative plus large, liée à la loi de décentralisation dite 3DS. Le calendrier de la Cour des comptes évoque l’implémentation de 500 à 1 000 radars supplémentaires à partir de 2027, jusqu’à 2031. À ce stade, le nombre total de radars automatiques en France pourrait atteindre près de 9 819 unités, un chiffre qui représente un doublement en quelques années.
Ces nouveaux radars seront principalement utilisés pour détecter les excès de vitesse, mais certains auront également la capacité de contrôler les infractions aux feux rouges. Rémy Josseaume, avocat en droit routier, a évoqué l’utilisation de l’intelligence artificielle pour détecter des comportements dangereux, tels que l’utilisation du téléphone portable au volant ou le non-port de la ceinture de sécurité.
Une question de sécurité routière
Le débat sur l’efficacité et la nécessité d’augmenter le nombre de radars soulève des questions importantes. Selon M. Josseaume, la question de la répression des infractions routières est complexe. « On a robotisé et déshumanisé le contrôle routier depuis 2003. Est-ce qu’il était nécessaire d’augmenter la puissance répressive sur ce type d’infraction, qui contribue certes à l’insécurité routière, mais qui ne représente pas la source principale de l’insécurité routière ? Le fléau actuel est le conducteur drogué ou alcoolisé », a-t-il déclaré.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2025, 44,8 millions d’amendes ont été dressées, dont une part importante était liée aux radars. Environ 20,9 % de ces recettes ont été allouées au désendettement de l’État. Les revenus générés par les amendes sont répartis entre diverses entités, comprenant l’Agence de financement des infrastructures de transports de France (AFIT France), les collectivités territoriales, et d’autres organismes.
À l’heure où les enjeux de sécurité routière sont plus que jamais d’actualité, la stratégie du gouvernement semble se concentrer sur l’optimisation des dispositifs existants plutôt que sur une multiplication de ceux-ci. Les prochaines années seront déterminantes pour évaluer l’impact de ces changements sur la sécurité des routes françaises.