La préfecture de police de Paris a pris une décision controversée en interdisant les parcours de cortÚge proposés par la CGT et les gilets jaunes pour la manifestation de ce samedi, prévue pour dénoncer « la vie chÚre ». Seules des déambulations en périphérie de la ville, entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton, sont autorisées.
EN BREF
- La préfecture de police interdit les parcours de la CGT et des gilets jaunes.
- Seule une manifestation en périphérie est autorisée.
- Des représentants dénoncent une répression administrative.
La CGT avait prĂ©vu de dĂ©filer Ă partir de 14 heures, partant de la place de Bastille pour rejoindre la place de la Nation via la rue de Lyon, lâavenue Daumesnil et le boulevard Picpus. De leur cĂŽtĂ©, les gilets jaunes avaient annoncĂ© une marche de la place de la Bastille Ă la place de la Concorde, en face de lâAssemblĂ©e nationale. Cependant, la prĂ©fecture a jugĂ© ces itinĂ©raires incompatibles avec « les impĂ©ratifs de lâordre public », citant la forte prĂ©sence de commissariats, dâagences bancaires ainsi que de commerces dans ces zones.
Dans l’arrĂȘtĂ©, il est prĂ©cisĂ© que les deux cortĂšges devront converger vers un rassemblement unique, une dĂ©cision qui suscite des rĂ©actions vives. En effet, la prĂ©fecture a Ă©voquĂ© la nĂ©cessitĂ© de « prĂ©server la libertĂ© de manifester » tout en prenant en compte les exigences de sĂ©curitĂ© et en Ă©vitant tout dĂ©bordement. Ce choix s’inscrit dans un « contexte social extrĂȘmement tendu ».
Clara PrivĂ©, trĂ©soriĂšre de lâUnef, a exprimĂ© son indignation lors d’une confĂ©rence de presse. Elle a accusĂ© la prĂ©fecture de « balader » les manifestants Ă travers des parcours sans cohĂ©rence et de suivre des ordres « incomprĂ©hensibles ». Selon elle, cette dĂ©cision vise à « museler la parole de la jeunesse ». Elle a Ă©galement annoncĂ© lâintention de la jeunesse de marcher sur lâitinĂ©raire initialement prĂ©vu, malgrĂ© lâinterdiction.
Les dĂ©clarations des reprĂ©sentants de lâUnion Ă©tudiante et de la Fage vont dans le mĂȘme sens. « On assiste Ă une rĂ©pression administrative insupportable », a affirmĂ© un reprĂ©sentant, ajoutant que les manifestants seront « massivement dans la rue ce samedi, ce 5 novembre ».
La prĂ©sidente de la Fage, Suzanne Nijdam, a annoncĂ© quâune action en justice serait engagĂ©e « dĂšs aujourdâhui » pour contester une dĂ©cision qu’elle considĂšre comme mettant en danger la sĂ©curitĂ© des manifestants.
Alors que les tensions sociales se multiplient, cette interdiction pourrait engendrer des réactions encore plus fortes de la part des mouvements sociaux. La vigilance sera de mise alors que les manifestants se préparent à se mobiliser ce samedi, en dépit des restrictions imposées par la préfecture.