Les autorités françaises se préparent à un important dispositif de sécurité pour la journée de samedi, marquant le troisième épisode de manifestations contre la vie chère en moins de trois semaines. Ce samedi, 70.000 policiers et gendarmes seront déployés pour encadrer les 150 défilés recensés à travers le pays.
EN BREF
- 70.000 forces de l’ordre mobilisées pour encadrer les manifestations.
- Risques de violences urbaines anticipés, notamment en soirée.
- Appels à des rassemblements non déclarés sur les réseaux sociaux.
Le ministère de l’Intérieur a fait part de ses inquiétudes concernant des incidents potentiels dans plusieurs villes, en particulier au cours de la soirée, cette mobilisation coïncidant avec Halloween. « Des épisodes de violences urbaines comparables à ceux du 17 octobre sont anticipés tout au long de la journée », a déclaré l’entourage du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Cette même source a également évoqué des « velléités de dégradations et de tentatives de pillages », soulignant les « risques très importants de troubles à l’ordre public ».
Les craintes des autorités sont exacerbées par des appels à des rassemblements non déclarés qui circulent sur les réseaux sociaux, notamment via des comptes associés à la mouvance d’ultragauche. Les termes « révolution » et « insurrection » y sont souvent utilisés, ce qui renforce l’alerte au sein des forces de sécurité.
Ce dispositif de sécurité prend place après deux mobilisations d’envergure. Le 17 octobre, les estimations de participation variaient entre 550.000 personnes selon la police et 800.000 selon la CGT. Cette journée avait été marquée par des violences, avec des incendies de bâtiments publics et des pillages de commerces. Lors de la mobilisation du 24 octobre, le nombre de participants avait été évalué entre 410.000 et 800.000, mais les incidents avaient été moins fréquents.
À l’approche du 31 octobre, une source policière a souligné une « fébrilité » au sein des services de sécurité, indiquant que « la moindre information se transforme en notes et on sort des forces en pagaille ». Cette préoccupation se concentre particulièrement sur la fin de journée, alors que les autorités anticipent que des appels diffusés en ligne pourraient engendrer des rassemblements spontanés sur les places publiques, en marge des cortèges officiels.
Malgré ces inquiétudes, les effectifs mobilisés demeurent identiques à ceux déployés lors des manifestations du 24 octobre, qui n’avaient pas donné lieu à d’incidents majeurs. La situation sera donc suivie de près, les autorités espérant éviter que la journée ne soit marquée par une nouvelle escalade de la violence.