Grève des dockers : les ports français paralysés à 95 % ce vendredi

Ce vendredi, une grève de 24 heures des dockers a entraîné un arrêt quasi total des activités dans les ports français et européens, notamment en Grèce. Les syndicats, qui demandent des augmentations de salaire et s’opposent à la militarisation des infrastructures portuaires, mobilisent environ 14 000 travailleurs portuaires, dont 7 500 dockers.

EN BREF

  • Grève de 24 heures des dockers en France et en Europe pour des augmentations de salaires.
  • Ports français à l’arrêt à 95 % avec des impacts majeurs sur les opérations.
  • Les syndicats s’opposent à la militarisation des infrastructures et aux conditions de travail.

Dans plusieurs villes portuaires, dont Dunkerque, Calais et Le Havre, les travailleurs sont mobilisés pour exprimer leur mécontentement face aux réformes gouvernementales. Le syndicat des dockers critique des mesures qu’il juge néfastes pour la solidarité entre les travailleurs. En parallèle, ils prévoient de rejoindre un mouvement de grève nationale prévu pour le 5 novembre, avec le soutien de toutes les grandes centrales syndicales.

Les revendications des dockers sont claires : ils demandent une augmentation du SMIC et des hausses de salaires, plutôt que des primes qui ne sont pas cotisées. Les dockers s’engagent également à défendre des valeurs fondamentales comme l’éducation, la Sécurité sociale, les hôpitaux et le bien-être des retraités.

Au Havre, par exemple, la situation était manifeste ce matin avec l’absence de camions devant les portes du port. Le secrétaire général de la CGT des travailleurs portuaires, François Brisot, a confirmé qu’il n’y avait « ni chargement ni déchargement » sur place. Bien que Haropa Port, qui gère Le Havre et Rouen, tente de minimiser les impacts, des escales de navires de croisière ont été annulées et des retards ont été constatés.

À Dunkerque, la situation est plus contrastée. Si le terminal à conteneurs n’est pas affecté, les autres terminaux, notamment ceux dédiés au vrac, sont complètement bloqués. Ludovic Dewynter, secrétaire général de la CGT à Dunkerque, a confirmé que les activités y sont très perturbées.

Les ports de Nantes Saint-Nazaire subissent également des conséquences. Les autorités portuaires rapportent que neuf navires sont restés à quai, incapables d’être traités, une situation qui a pu être anticipée puisque la grève avait été annoncée à l’avance. Selon Tony Hautbois, secrétaire général de la CGT des dockers, « les ports français vont être à l’arrêt à 95 % ».

La grève ne touche pas uniquement la France. En Grèce, la majorité des liaisons maritimes entre le continent et les îles de la mer Égée sont également suspendues, en raison de la mobilisation des syndicats de marins. Ces derniers revendiquent des salaires décents et dénoncent les conditions de travail inégalitaires qui persistent.

Les syndicats s’opposent fermement à la militarisation des ports, refusant de transporter du matériel de guerre et de s’impliquer dans des missions dans des zones maritimes jugées dangereuses. Ce mouvement de protestation s’inscrit dans un cadre européen, avec le soutien du Conseil européen des dockers (EDC) et d’autres fédérations internationales de dockers, y compris en Turquie et en Inde. L’objectif est de s’opposer à la guerre et à l’idée de militariser les infrastructures civiles.

La situation actuelle dans les ports souligne les tensions croissantes entre les travailleurs et les politiques gouvernementales. Les dockers ne se contentent pas de demander des augmentations de salaire ; ils cherchent également à faire entendre leurs voix sur des questions qui touchent à la sécurité et à l’avenir des services publics. Reste à voir comment le gouvernement répondra à ces revendications dans les jours à venir.