Faire du sport en couple : entre motivation et rivalité, les défis à relever

Pratiquer une activité sportive avec son partenaire peut sembler une excellente idée. Partager un moment de complicité, se motiver l’un l’autre et adopter un mode de vie sain sont autant d’aspects attirants. Toutefois, la réalité peut parfois s’avérer différente. Après seulement une vingtaine de minutes sur un tapis de course, j’ai découvert une facette inattendue de l’homme avec qui je partage ma vie, une facette qui n’était pas forcément la plus séduisante. Voici les leçons que j’en ai tirées.

EN BREF

  • Faire du sport ensemble peut révéler des dynamiques de couple inattendues.
  • Les comparaisons avec d’autres pratiquants peuvent nuire à la complicité.
  • L’importance de garder le sport comme un plaisir et non une compétition.

À peine arrivé à la salle de sport, il se transforme en coach, affichant une confiance qui frôle l’arrogance. D’un coup, il sait tout. Absolument tout. Même le nom de ce petit muscle caché qu’il insiste pour travailler, sans que vous ne compreniez vraiment à quoi cela sert. Oubliez les doux surnoms et les encouragements affectueux : ici, il prend son rôle de mentor très au sérieux. Vous pensiez simplement soulever un haltère de trois kilos, et le voilà qui a déjà remplacé votre poids par celui de huit, convaincu que vous en êtes capable. Très vite, il se métamorphose en distributeur de phrases inspirantes, celles que l’on retrouve sur Facebook accompagnées d’une photo de coucher de soleil. « Allez, on n’a rien sans rien ! », « Tu peux le faire ! », « C’est super, continue ! » Vous étiez venue pour faire du sport, et voilà que vous assistez à un séminaire de développement personnel.

Alors, quelle est la meilleure approche ? Respirez profondément et laissez-le profiter de ce petit plaisir. En revanche, si la troisième remarque sur votre posture arrive, n’hésitez pas à lui rappeler gentiment que vous avez déjà un patron et que vous ne recherchez pas un second.

Si vous êtes un tant soit peu jalouse, il est préférable de renoncer à cette idée. À la salle de sport, chaque femme devient un motif de comparaison involontaire. La sororité est mise de côté. Il y a celle qui effectue des squats avec un fessier sculpté, celle qui court sans transpirer depuis quarante-cinq minutes, et celle qui arbore la dernière collection de vêtements de sport. Pendant ce temps, votre compagnon ne semble pas remarquer tout cela, s’acharnant à chercher une machine libre, avec un regard distrait. Pourquoi lui en vouloir ? Après tout, vous faites exactement la même chose.

Évitez surtout de poser la question « Tu la trouves jolie ? ». Il n’existe aucune réponse qui soit satisfaisante. S’il dit oui, vous lui en voudrez ; s’il dit non, vous le considérerez comme un menteur.

Lors de ma première séance ensemble, j’ai eu l’impression de découvrir une vie parallèle. Moi qui croyais connaître tous ses amis, je n’avais pas encore rencontré ses « gym bros ». Ces hommes, qui ne se voient qu’à la salle, s’adressent à leurs camarades avec une familiarité surprenante, comme s’ils avaient partagé des expériences de vie intenses. Voici un extrait de l’échange que j’ai pu observer :

– Tu veux qu’on alterne sur la poulie ?

J’ai été frappée par cette bienveillance masculine qui émane de ces interactions. Le plus fascinant, c’est qu’ils ne se préoccupent même pas de connaître les prénoms de leurs coéquipiers. Deux hommes peuvent partager une machine pendant des mois, s’entraider et s’encourager, tout en ignorant complètement le nom de l’autre.

Profitez de ce spectacle. Et n’oubliez pas de lui rappeler, au moment opportun, qu’il était beaucoup plus aimable avec son « gym bro ».

Après plusieurs exercices, il se regarde discrètement dans le miroir. Un tee-shirt légèrement surélevé pour vérifier si ses abdos sont bien en train de se dessiner. Ce comportement ne s’arrête pas à la salle de sport. À la maison, il se regarde sans cesse, demandant : « J’ai pris, non ? » (sous-entendu, du muscle, pas du poids). Vous n’avez pas noté de différence depuis la veille, mais vous répondez par l’affirmative, un peu par amour, beaucoup pour préserver la paix. Puis vient le moment de partager vos résultats respectifs, et là, c’est le choc ! Les hommes semblent généralement avoir une longueur d’avance en matière de développement musculaire, grâce à leur taux de testostérone plus élevé.

Il est essentiel de ne pas se comparer. Chacun a son propre corps et son propre rythme. Rappelez-vous que le sport doit rester un plaisir partagé, et non une compétition entre partenaires, même si, avouons-le, cela ferait plaisir de gagner, de temps en temps.