Des militants d’ultradroite révèlent une collusion troublante avec la police à Nice

Une nouvelle vidéo diffusée sur les réseaux sociaux soulève des questions inquiétantes sur le rôle des forces de l’ordre lors des manifestations à Nice. Des militants d’extrême droite, filmés en train de discuter avec des policiers, affirment avoir bénéficié d’un soutien et d’une coordination avec ces derniers durant la mobilisation du 24 octobre dernier.

EN BREF

  • Une vidéo met en lumière des liens entre militants d’ultradroite et forces de l’ordre à Nice.
  • Les militants affirment avoir été soutenus par la police lors de la manifestation du 24 octobre.
  • Une enquête est ouverte pour identifier les responsables des violences survenues pendant cet événement.

Dans cette vidéo, un homme d’une trentaine d’années s’exprime avec satisfaction sur le soutien reçu de la police. Il déclare : « Grâce aux contacts qu’on avait, j’ai pu prévenir la police municipale, mes collègues ont prévenu la BAC, la police nationale, les CRS et les gendarmes. » Il insiste sur le fait que les policiers « savent qu’on est avec eux » et qu’ils ont été globalement très encourageants. Ce témoignage soulève des soupçons de collusion entre ces groupes militants et la police.

Le militant évoque des interactions positives avec les forces de l’ordre, tout en critiquant le chef de la police municipale, qu’il juge « de l’ancien monde » et peu enclin à coopérer. Il conclut en affirmant : « Vous avez besoin de nous. La guerre civile, vous allez l’avoir, et là, vous aurez besoin de nous. » De tels propos alimentent des craintes quant à la montée de la violence et à l’extrême droite à Nice.

Les déclarations de ce militant sont d’autant plus préoccupantes qu’elles sont accompagnées de propos racistes, ciblant spécifiquement des populations issues de l’immigration. Il les qualifie de « vermines », illustrant ainsi l’hostilité de son groupe envers une partie de la population. Après la diffusion de sa vidéo, cet individu a rapidement supprimé ses comptes sur les réseaux sociaux, témoignant d’une possible prise de conscience de la gravité de ses déclarations.

Les événements du 24 octobre ont été marqués par des affrontements entre les militants d’ultradroite et les manifestants. Des vidéos et témoignages montrent des groupes d’hommes cagoulés interagissant calmement avec des policiers avant de recourir à la violence contre les manifestants. Cette situation soulève des questions sur l’absence d’intervention des forces de l’ordre face à ces comportements.

Contactées par le média 20 Minutes, la préfecture des Alpes-Maritimes, la mairie de Nice, et le ministère de l’Intérieur n’ont pas répondu à leurs sollicitations. Cependant, le ministère a reconnu que des groupes d’ultradroite, prétendant défendre les commerçants, avaient cherché à provoquer des affrontements. Il a également admis que ces militants n’avaient pas été systématiquement interpellés, en raison du contexte difficile de la gestion de l’ordre public.

Ce jeudi, la préfecture a confirmé que des rixes avaient eu lieu entre des militants d’ultradroite et des manifestants, notamment des membres de l’ultragauche. Le préfet a signalé 40 individus, dont certains étaient connus des services de renseignement et judiciaires pour des actes de violence liés au supportérisme footballistique. Leur implication dans les violences survenues en centre-ville est désormais examinée.

À la suite de ces incidents, une enquête en flagrance a été ouverte par le procureur de la République, Damien Martinelli, afin d’identifier et d’interpeller les membres de cette mouvance qui ont participé aux violences. Les témoignages et les vidéos continuent de faire surface, renforçant les accusations de collusion entre les forces de l’ordre et l’extrême droite.

Ces événements à Nice s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions en France. Des faits similaires de collusion ont été rapportés dans d’autres villes, comme Montpellier, Dijon, Rouen et Nancy, où des militants d’ultradroite ont pu défiler sans être inquiétés. Cette situation soulève de sérieuses interrogations sur l’intégrité des forces de l’ordre et leur rôle face à des groupes violents.