Trappes : des milliers de personnes unies contre le racisme après l’attentat meurtrier

Le vendredi 27 octobre, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à Trappes, dans les Yvelines, pour exprimer leur solidarité contre le racisme et l’islamophobie. Cet événement, organisé sur la place des Merisiers, a eu lieu une semaine après l’attentat tragique qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, un jeune Français noir de 26 ans, abattu le 23 octobre. Cette mobilisation a été initiée par Ali Rabeh, le maire de Trappes, membre du mouvement Génération.s.

EN BREF

  • Des milliers de personnes se sont réunies à Trappes pour dénoncer le racisme.
  • Le rassemblement a eu lieu une semaine après l’attentat ayant causé la mort d’un jeune homme.
  • Des personnalités politiques ont appelé à l’unité contre l’extrême droite.

Le drame est encore très présent dans les esprits des habitants. Un résident, qui se trouvait à proximité du lieu de l’attentat, a partagé son angoisse. « J’étais pratiquement à 400 mètres de l’endroit où il a tué le jeune homme », a-t-il témoigné. La peur règne pour beaucoup, comme Gino, qui a déclaré : « On a toujours tendance à tourner la tête, à regarder à gauche, à droite. On a toujours peur, on va déménager ».

Le suspect, un homme de 39 ans, a été mis en examen et placé en détention provisoire. Selon le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, il a reconnu avoir « spécifiquement ciblé des personnes de type musulman ou africain » à Trappes, qu’il percevait comme un « repaire d’islamistes ». Des autocollants liés au Rassemblement national ont été découverts à son domicile, renforçant les inquiétudes concernant l’extrême droite dans ce contexte.

Face à la foule, Ali Rabeh a exprimé un message fort contre le racisme, appelant à ne jamais céder à la haine. Sous un ciel lourd, les participants, comprenant des familles, des enfants et des personnes âgées, brandissaient des drapeaux français. « Je trouve ça beau. On est Français, on est fiers de l’être », a déclaré Leila, une participante d’origine maghrébine, soulignant son attachement à la France.

Des figures politiques de gauche, telles que Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier et Ségolène Royal, étaient présentes pour montrer leur soutien. La candidate écologiste a critiqué l’absence de la droite à cet événement, affirmant : « Où était la droite ? Ce n’était pas un rassemblement de gauche ce soir, tout le monde avait été invité ».

Ali Rabeh a également pointé du doigt le Rassemblement national, déclarant : « Quand Jordan Bardella décrit Trappes comme ‘une République islamique en miniature’, que fait-il d’autre que de presser ses troupes à passer à l’acte ? ». Il a ensuite lancé un appel aux électeurs du RN : « Je vous en conjure, ouvrez les yeux. Nous partageons à Trappes les mêmes chagrins que vous. » Les habitants présents ont exprimé leur volonté de s’opposer à l’extrême droite lors des prochaines élections présidentielles.

Le député RN de la Somme, Jean-Philippe Tanguy, a regretté sur LCI ce qu’il considère comme une hostilité des organisateurs envers son parti, affirmant qu’il se sentait « en communion » avec les victimes.

Plus tôt dans la journée, un autre rassemblement s’est tenu à La Verrière, où des figures politiques comme Édouard Philippe et Valérie Pécresse étaient présentes. Philippe a précisé qu’il ne souhaitait pas participer à un « meeting politique » à Trappes, tandis que Gabriel Attal, en déplacement en Bretagne, a honoré son engagement initial.

Ces manifestations témoignent d’une mobilisation forte et d’une volonté collective de lutter contre le racisme et l’intolérance, tout en se remémorant les tragédies récentes qui ont frappé la communauté.