Un porte-conteneurs perd 342 conteneurs dans une tempête aux Pays-Bas

Le 2 janvier 2019, les habitants des petites îles néerlandaises se réveillent face à un spectacle surréaliste. Sur leurs plages, des écrans plats, des jouets, des meubles et des chaussures s’entassent, vestiges d’une nuit mouvementée en mer du Nord. Ce jour-là, le MSC Zoe, l’un des plus grands porte-conteneurs du monde, a perdu une partie significative de sa cargaison en raison d’une violente tempête.

EN BREF

  • Le MSC Zoe a perdu 342 conteneurs lors d’une tempête en mer du Nord.
  • Les plages des îles néerlandaises sont jonchées de marchandises variées.
  • Une vaste opération de nettoyage et de récupération est lancée.

Le MSC Zoe, long de 395 mètres et large de 59, est un géant des mers, capable de transporter plus de 19 000 conteneurs standards. À l’aube du 2 janvier, alors qu’il navigue entre les îles des Wadden, la tempête frappe. Les conteneurs commencent à passer par-dessus bord, et le bilan initial de 270 conteneurs perdus grimpe rapidement à 342, représentant environ 3 000 tonnes de marchandises.

Les habitants des îles de Vlieland, Terschelling, Ameland et Schiermonnikoog, ainsi que l’île allemande de Borkum, découvrent l’ampleur des dégâts. Les plages sont envahies par des écrans, des ampoules, des pièces automobiles et divers biens de consommation. Tineke Schokker, maire de Vlieland, souligne l’entraide des habitants qui viennent ramasser ce qu’ils peuvent, tout en notant que le coût de traitement des déchets pourrait dépasser la valeur des objets retrouvés.

Cependant, parmi ces objets se trouvent des sacs de peroxydes organiques, des produits chimiques dangereux. Selon des rapports, trois conteneurs contenant des matières dangereuses demeurent introuvables. De plus, des millions de petites billes de plastique, utilisées dans l’industrie, se dispersent sur les plages et dans la mer, posant un problème environnemental préoccupant.

Les îles des Wadden, classées réserve de biosphère par l’Unesco, abritent une biodiversité riche. Face à cette pollution, une vaste opération de nettoyage est organisée, mobilisant bénévoles, pêcheurs et militaires néerlandais. En mer, la compagnie MSC tente de localiser et de récupérer les conteneurs perdus. En novembre 2019, 299 conteneurs sont retrouvés, coûtant 35 millions d’euros à l’armateur.

Le gouvernement néerlandais, les communes et les gestionnaires d’espaces naturels réclament à la compagnie MSC 3,35 millions d’euros pour couvrir les frais de nettoyage. Malgré ces efforts, environ 800 tonnes de marchandises restent introuvables. En novembre 2019, la ministre néerlandaise des Infrastructures, Cora van Nieuwenhuizen, déclare que poursuivre les recherches serait futile, étant donné la dispersion des objets sur une zone trop vaste.

Cette affaire n’est pas close, car en avril 2024, une liste est publiée, identifiant environ 6 000 emplacements où des marchandises pourraient encore se trouver, représentant près d’un quart de la cargaison perdue. Les recherches continuent de révéler que la mer du Nord conserve encore des traces de cette tempête mouvementée.

Une enquête menée par le Bureau néerlandais pour la sécurité, en collaboration avec les autorités allemandes et panaméennes, conclut que les très grands porte-conteneurs, comme le MSC Zoe, sont particulièrement vulnérables aux mouvements de roulis extrêmes lors de tempêtes. Bien que le capitaine n’ait pas été poursuivi pour faute, la situation soulève des questions sur la sécurité maritime pendant de telles conditions climatiques.

Les événements entourant le MSC Zoe rappellent que les cargaisons perdues finissent souvent par échouer sur nos côtes. Des histoires similaires, comme celle des canards en plastique perdus en 1992, continuent d’intriguer les scientifiques et le grand public. Avant de ramasser des objets échoués sur les plages, il est essentiel de connaître les règles qui régissent ces trésors rejetés par la mer.