David Lisnard propose de doubler les effectifs d’étudiants en médecine pour lutter contre les déserts médicaux

Pour David Lisnard, candidat de Nouvelle Énergie, la réponse à la problématique des déserts médicaux réside dans une simple équation : il est essentiel de former plus de médecins pour assurer une répartition équitable des professionnels de santé sur l’ensemble du territoire. Sa proposition phare consiste à doubler le nombre d’étudiants en médecine d’ici 2030, tout en supprimant le système de sélection Parcoursup, qui, selon lui, entrave l’accès à des formations médicales pour de nombreux candidats.

EN BREF

  • David Lisnard souhaite doubler le nombre d’étudiants en médecine d’ici 2030.
  • Il propose de supprimer Parcoursup pour faciliter l’accès aux études médicales.
  • La réforme vise à améliorer la répartition des médecins sur le territoire.

Actuellement, environ 90.000 étudiants suivent un cursus en médecine, et chaque année, environ 12.000 candidats sont admis en deuxième année, un chiffre qui a considérablement augmenté depuis l’abandon du numerus clausus en 2019. La loi Neuder, adoptée l’été dernier, permet aux universités de déterminer leurs capacités d’accueil en fonction des besoins locaux, une flexibilité que Lisnard souhaite exploiter pleinement.

Au-delà de l’augmentation du nombre d’étudiants, Lisnard prône une libéralisation complète de la formation médicale. Pour lui, l’État ne devrait plus imposer de plafonds artificiels sur le nombre d’étudiants. En abolissant Parcoursup pour les filières médicales, il espère réduire l’exil des étudiants vers des universités étrangères et leur garantir une formation de qualité en France.

Cette démarche ne signifie pas que tous les étudiants admis obtiendront automatiquement leur diplôme. Lisnard propose de remplacer les quotas administratifs par une sélection basée uniquement sur les résultats aux examens et la validation des moyennes scientifiques. L’objectif est de garantir que les candidats les plus qualifiés aient accès aux études médicales.

Pour gérer l’augmentation des effectifs, Lisnard suggère également d’adapter les formations théorique et pratique. La majorité des stages effectués durant l’externat se déroulent actuellement dans les centres hospitaliers universitaires (CHU), où les places sont limitées. Il propose donc d’ouvrir les stages aux cliniques privées et aux cabinets de médecine libérale, ce qui pourrait favoriser une meilleure répartition des étudiants.

Concernant les cours théoriques, il est conscient qu’il ne sera pas possible de doubler le corps enseignant. Ainsi, il envisage de généraliser les cours à distance, permettant ainsi à un même professeur de dispenser son enseignement à plusieurs milliers d’étudiants simultanément, sans les contraintes de capacités d’amphithéâtre.

Cependant, bien que la volonté de lutter contre les déserts médicaux soit largement partagée, l’idée de généraliser l’enseignement à distance soulève des préoccupations parmi les étudiants et les universitaires. Beaucoup soulignent les risques de décrochage et d’isolement social liés à cette méthode d’enseignement. Actuellement, seulement un quart des étudiants de première année réussissent à accéder à la deuxième année, un taux qui ne s’explique pas uniquement par la gestion des places.

De plus, la question des inégalités sociales est également soulevée par l’augmentation de l’enseignement à distance. La formation d’un médecin généraliste nécessitant près de dix ans d’études, un doublement des effectifs à partir de 2030 ne produira des effets sur le terrain qu’à l’horizon 2037.

La question de la formation des médecins est au cœur des programmes de différents candidats. Gabriel Attal, par exemple, soutient également un doublement du nombre d’étudiants, mais propose une approche plus encadrée par le budget alloué par l’État aux universités, contrairement à la libéralisation prônée par Lisnard. Marine Le Pen, de son côté, envisage des mesures incitatives pour attirer les étudiants français partis à l’étranger, tandis que les candidats de gauche, tels que Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon, se concentrent sur la nécessité d’investissements massifs dans le système de santé public et les universités plutôt que sur une libéralisation du secteur.

Ainsi, la proposition de David Lisnard de doubler le nombre d’étudiants en médecine pourrait bien redéfinir le paysage de la formation médicale en France, tout en soulevant des questions cruciales sur l’accès à ces études et l’avenir des soins de santé dans les zones défavorisées.