Se coucher tard : une étude révèle un risque accru de 16 % pour la santé cardiaque

La question du sommeil et de ses impacts sur la santé cardiovasculaire est au cœur de nombreuses préoccupations. Selon une étude britannique récente, les personnes ayant l’habitude de se coucher tard, souvent désignées comme des « couche-tard », présentent un risque accru de 16 % de subir des incidents cardiaques, tels que l’infarctus du myocarde ou l’AVC. Ce phénomène ne découle pas uniquement de l’heure à laquelle ils se couchent, mais également de diverses habitudes de vie souvent associées à ce mode de vie nocturne.

EN BREF

  • Les couche-tard ont un risque cardiovasculaire accru de 16 % par rapport aux autres.
  • 75 % de ce risque supplémentaire est lié à des comportements de vie moins sains.
  • Des changements d’habitudes peuvent réduire significativement ce risque.

Publiée en janvier dans le Journal of the American Heart Association, l’étude a été conduite par des chercheurs de l’université de Birmingham. En analysant les données de plus de 300 000 adultes, suivis pendant près de 14 ans, les chercheurs ont étudié le lien entre le chronotype, c’est-à-dire la tendance à être plutôt du matin ou du soir, et la santé cardiovasculaire.

Les participants qui se définissaient clairement comme « du soir », avec des heures de coucher autour de 2 heures du matin, représentaient environ 8 % de l’échantillon étudié. Les résultats révèlent que ce groupe a un risque de problèmes cardiaques supérieur de 16 % par rapport à ceux ayant des habitudes de sommeil intermédiaires.

Pour évaluer la santé cardiaque globale des participants, les chercheurs ont utilisé un score prenant en compte plusieurs paramètres clés : le tabagisme, la qualité du sommeil, l’activité physique, l’alimentation, le poids, la glycémie, le cholestérol et la tension artérielle. Le constat est frappant : les couche-tard affichent 79 % plus de chances de présenter un score cardiovasculaire globalement médiocre que les autres participants. En revanche, ceux qui se couchent tôt, vers 21 heures, affichent un risque légèrement inférieur, ce phénomène étant particulièrement marqué chez les femmes.

Il est intéressant de noter que ce n’est pas uniquement l’horaire tardif qui explique ce sur-risque. Les auteurs de l’étude estiment qu’environ 75 % du risque supplémentaire est attribuable à des habitudes de vie moins favorables. En effet, les personnes du soir cumulent souvent plusieurs facteurs de risque :

  • Activité physique insuffisante
  • Alimentation déséquilibrée
  • Sommeil irrégulier ou trop court
  • Prévalence plus élevée du surpoids

Kristen Knutson, membre de l’American Heart Association, souligne que « le risque accru de maladies cardiaques chez les personnes du soir est en partie dû à des comportements modifiables ». Cela signifie qu’être couche-tard n’est pas une fatalité pour la santé cardiovasculaire. Les spécialistes mettent en avant plusieurs leviers d’action efficaces, même pour ceux ayant un rythme de vie décalé :

  • Maintenir des horaires de sommeil réguliers
  • Viser une durée de sommeil suffisante
  • Augmenter l’activité physique
  • Surveiller la tension, le cholestérol et la glycémie

En somme, la qualité de votre mode de vie est tout aussi déterminante que l’heure du coucher. En adoptant de meilleures habitudes, il est possible de réduire considérablement le risque cardiovasculaire associé au chronotype « du soir ».

Les interrogations persistent : se coucher tard augmente-t-il réellement le risque d’AVC ou d’infarctus ? La réponse est affirmative. Les personnes ayant un chronotype « du soir » courent un risque accru de 16 % de développer des incidents cardiovasculaires par rapport à celles qui ont des habitudes de sommeil plus conventionnelles. Mais est-ce l’heure du coucher qui pose problème, ou le mode de vie associé ? Les chercheurs insistent sur l’importance des comportements modifiables, représentant environ 75 % du sur-risque, tels que le tabagisme, la sédentarité, et une alimentation déséquilibrée. Enfin, une question demeure : peut-on réduire le risque cardiovasculaire si l’on est couche-tard ? La réponse est également positive, à condition d’adopter des mesures préventives adaptées.