Whittier, la ville d’Alaska où tous résident dans un même immeuble de 14 étages

Au cœur des paysages majestueux de l’Alaska, la ville de Whittier se démarque par son architecture singulière et son mode de vie atypique. En effet, cette petite commune, située au bord d’un fjord, abrite presque tous ses habitants dans un unique immeuble de 14 étages, intégrant en son sein les institutions essentielles telles que la mairie, le bureau de poste, une épicerie et même une église. Un tunnel chauffé relie l’immeuble à l’école, permettant aux enfants d’y accéder sans affronter les rigueurs de l’hiver alaskien.

EN BREF

  • Whittier, en Alaska, abrite presque tous ses 272 habitants dans les Begich Towers.
  • La ville est accessible par un tunnel routier unique, fermé la nuit.
  • Les habitants vivent dans une proximité intense, encadrée par des règles strictes de copropriété.

Whittier se situe au fond du Passage Canal, un bras de mer du Prince William Sound, et est entourée de montagnes et de mer. Au recensement de 2020, la ville comptait 272 habitants. Bien que sa taille soit modeste, c’est son organisation qui attire l’attention. Les Begich Towers, un immeuble construit dans les années 1950 par l’armée américaine, abritent la majorité des résidents. Environ 80 à 90 % des habitants y résident, tandis que les autres habitent dans un bâtiment plus petit.

À l’origine, l’immeuble, connu sous le nom de Hodge Building, a été conçu pour loger les militaires et leurs familles. Après le départ de l’armée, il a été transformé en copropriété et renommé en mémoire de Nick Begich, un élu alaskien décédé dans un accident d’avion. Aujourd’hui, les Begich Towers fonctionnent comme une petite ville en soi, avec un bureau de poste, une mairie, et d’autres services essentiels, tous accessibles par des couloirs intérieurs.

Le climat rigoureux de Whittier, avec plus de cinq mètres de neige chaque année, influence considérablement la vie quotidienne. Pour faciliter les déplacements, l’école est reliée à l’immeuble par un tunnel chauffé, permettant aux enfants de se rendre en classe sans avoir à sortir à l’extérieur.

La vie dans cet immeuble impose des règles strictes. Les résidents connaissent souvent les noms de tous leurs voisins, et la copropriété régule la vie commune, allant des places de parking à l’accueil des visiteurs. Cette proximité crée un environnement où la solidarité est forte, mais peut également générer un sentiment d’étouffement pour certains.

Un aspect fascinant de Whittier est sa seule route d’accès, qui a vu le jour en 2000. Avant cela, la ville était accessible uniquement par bateau, avion ou train à travers un tunnel ferroviaire. Le tunnel, le plus long d’Amérique du Nord, a été réaménagé pour permettre la circulation automobile. Les véhicules doivent respecter des horaires stricts car le tunnel ne comporte qu’une seule voie, alternant entre les voitures et les trains.

Chaque soir, le tunnel ferme aux alentours de 22 h 30 ou 23 h, isolant ainsi totalement Whittier jusqu’au matin. Les résidents qui ratent le dernier passage se retrouvent coincés à l’extérieur, souvent à Anchorage, à plus d’une heure de route. Cette fermeture quotidienne renforce le caractère unique de la ville, où la vie continue de manière très intimiste.

La ville attire également de nombreux touristes durant l’été, lorsque les croisières débarquent pour observer les glaciers et les baleines. Les résidents profitent de cette affluence pour louer leurs appartements ou gérer des commerces. En revanche, l’hiver apporte un calme bienvenu, et ceux qui choisissent de rester apprécient une forme de sécurité, se sachant entourés.

Malgré les défis de cette vie en vase clos, certains habitants choisissent de quitter Whittier après quelques années, désireux de découvrir de nouveaux horizons. Néanmoins, la singularité de cette ville, où l’immeuble est le cœur de la communauté, continue de fasciner et d’attirer l’attention, notamment sur les réseaux sociaux.

Whittier n’est pas la seule ville à vivre différemment. Dans le Nebraska, une femme est l’unique habitante de son village, tandis qu’un homme a fait d’un Boeing 727 sa maison en Oregon. Cela démontre qu’il existe de nombreuses façons de concevoir la vie en communauté, mais peu sont aussi remarquables que celle de Whittier, où la porte se ferme chaque nuit sur un monde à part.