Le navigateur Kevin Escoffier, figure emblématique de la course au large, se présente ce lundi devant le tribunal correctionnel de Lorient. Il doit répondre d’accusations d’agressions sexuelles sur quatre femmes, des faits qui se seraient déroulés en France et à l’étranger entre 2017 et 2023. Escoffier conteste fermement ces allégations.
EN BREF
- Kevin Escoffier est jugé pour agressions sexuelles sur quatre femmes.
- Le procès a été reporté en mars 2026 pour examiner de nouveaux éléments.
- Un collectif féministe appelle à un rassemblement de soutien devant le tribunal.
Le skipper breton, âgé de 46 ans, avait déjà été convoqué devant le tribunal en mars dernier, mais le procès avait été reporté à la demande du parquet. En effet, son avocate, Me Virginie Le Roy, avait déposé plus de 150 nouvelles pièces au dossier, nécessitant un supplément d’information. Les quatre plaignantes, accompagnées de leurs avocates, avaient soutenu cette demande de report.
Parmi les plaignantes, une ancienne attachée de presse de Kevin Escoffier, âgée de 33 ans, est à l’origine des poursuites. Elle accuse le navigateur de l’avoir agressée dans un bar à Newport, aux États-Unis, en mai 2023, durant une étape de l’Ocean Race. Elle décrit un incident où Escoffier, sous l’emprise de l’alcool, aurait profité d’une accolade pour lui toucher les seins et les fesses. Cette accusation a conduit à l’identification de trois autres femmes qui auraient subi des agressions similaires entre 2017 et 2018 à Melbourne, au Brésil et à Lorient.
Kevin Escoffier, malgré les accusations, maintient son innocence. Son avocate a demandé la nullité de la procédure, critiquant ce qu’elle qualifie d’enquête « indigne », notamment en raison d’auditions qu’elle juge orientées. Après la médiatisation des accusations en juin 2023, Escoffier a quitté l’équipe du monocoque Holcim-PRB en pleine course.
En octobre 2023, la Fédération française de voile a suspendu Escoffier de toute compétition pour une durée de 18 mois et lui a retiré sa licence provisoirement pour cinq ans. Cependant, ces mesures ont été annulées en mars 2024 en raison d’un « vice de procédure ».
Le Canard Enchaîné a également été poursuivi en diffamation par Escoffier pour un article évoquant les accusations d’agression à Newport. En mai 2025, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé le journal, affirmant que l’enquête reposait sur des éléments solides et recoupés.
Le collectif féministe NousToutes a appelé à un rassemblement devant le palais de justice de Lorient, ce lundi matin, pour soutenir toutes les victimes. Plusieurs participants, issus du milieu de la navigation, avaient exprimé leur inquiétude face à une culture persistante de sexisme et d’agressions dans ce secteur. Une femme de 42 ans, ayant elle-même été victime d’agressions sexuelles, a exprimé l’espoir que ce procès puisse susciter une prise de conscience dans le milieu de la course au large, soulignant que « être un bon marin ne justifie pas tout ».
Ingénieur naval et membre d’une famille de marins bretons reconnue, Kevin Escoffier s’est fait connaître du grand public en novembre 2020, lorsqu’il a frôlé la mort durant le Vendée Globe. Naufragé lors d’une tempête au large du Cap de Bonne-Espérance, il a été secouru in extremis par Jean Le Cam, un événement qui a marqué les esprits dans le monde de la voile.