Le 7 novembre, des milliers de personnes ont de nouveau défilé à travers la France dans le cadre d’une mobilisation continue, mais les chiffres révèlent une nette diminution de la participation par rapport aux semaines précédentes. Selon le ministère de l’Intérieur, environ 146 000 personnes ont participé aux manifestations sur l’ensemble du territoire, marquant un recul significatif.
EN BREF
- 146 000 manifestants estimés par le ministère de l’Intérieur.
- Mobilisation en baisse par rapport aux semaines précédentes.
- Une nouvelle journée de mobilisation prévue le 10 novembre.
Pour la quatrième fois consécutive, des rassemblements ont eu lieu, avec un objectif clair : « maintenir la pression ». À 14 heures, les forces de l’ordre ont signalé une ambiance « globalement calme et maîtrisée », avec 18 interpellations, un nombre en baisse par rapport aux 27 interpellations constatées à la même heure la semaine précédente. À 17h30, l’intersyndicale de la jeunesse a évalué le nombre de manifestants à 250 000, tandis que les autorités ont confirmé le chiffre de 146 000.
À Paris, les chiffres divergent : l’intersyndicale a comptabilisé 75 000 participants, tandis que la préfecture de police a enregistré 46 000 manifestants « pour la jeunesse et contre la vie chère ». Ces chiffres témoignent d’une mobilisation moins forte que celle de jeudi dernier, lorsque 65 000 personnes étaient présentes selon les autorités.
Emna, une lycéenne de 16 ans, a exprimé son mécontentement : « Je suis ici pour dénoncer les violences policières et le manque de réponses à nos revendications ». La marche parisienne, qui s’est élancée depuis la place de la République, a été marquée par une forte présence de jeunes, notamment des lycéens et des étudiants, chantant des slogans et des chansons emblématiques.
Vincent Gautheron, secrétaire général de l’Union régionale CGT, a souligné que « ce n’est pas parce que les négociations doivent débuter lundi à Matignon que la mobilisation doit se terminer ». Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union étudiante, a également insisté sur l’importance de ce rassemblement, notant qu’il s’agit d’une date clé pour garder la pression sur le gouvernement.
Du côté de la place de la Concorde, les forces de l’ordre étaient massivement présentes pour empêcher un rassemblement prévu par la coordination des Gilets jaunes, qui avait été interdit. Peu de manifestants ont tenté de se rassembler, et deux porte-parole de cette coordination ont été interpellés par la police.
À Clermont-Ferrand, environ 600 personnes ont défilé dans une ambiance conviviale, bien loin du centre-ville où les rassemblements étaient prohibés. À Lyon, les forces de l’ordre ont dû utiliser des gaz lacrymogènes pour disperser des groupes rassemblés sans déclaration dans un secteur interdit.
Les syndicats appellent à maintenir la mobilisation dans la perspective d’une conférence sociale prévue lundi matin à Matignon, où les attentes des Français seront au cœur des discussions. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis de présenter des réponses concrètes lors de cette réunion.
Les autorités, conscientes des débordements passés, ont déployé un dispositif de sécurité renforcé, avec 70 000 policiers et gendarmes mobilisés sur tout le territoire pour éviter les scènes de violence. À Paris, bien que la majorité des magasins aient été ouverts, de nombreuses vitrines ont été protégées, faisant écho à des craintes persistantes.
La suite de ce mouvement dépendra largement des réponses que le gouvernement apportera lors de la conférence sociale. Les principaux syndicats ont d’ores et déjà prévu de se prononcer sur la suite à donner à cette mobilisation dès lundi soir.
Une intersyndicale de l’éducation a également annoncé une journée de grève et de manifestation prévue pour mardi, afin de continuer à faire entendre les voix des jeunes et des travailleurs dans ce contexte de revendications sociales croissantes.