Dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, la Bundesbank a exprimé ses inquiétudes quant aux répercussions économiques de la guerre au Moyen-Orient. Lors d’une conférence de presse annuelle, son président, Joachim Nagel, a averti que la prolongation des conflits pourrait entraîner une situation de stagflation dans la zone euro, caractérisée par une croissance faible et une inflation persistante.
EN BREF
- La guerre au Moyen-Orient pourrait mener à une stagflation en zone euro.
- Les prix de l’énergie flambent en raison des conflits en cours.
- La Banque centrale européenne doit évaluer la situation avant de prendre de nouvelles décisions sur les taux d’intérêt.
Selon Joachim Nagel, les conséquences économiques de cette guerre, notamment celle menée contre l’Iran, dépendent fortement de la durée des affrontements. Actuellement, la flambée des prix du pétrole et du gaz en est la principale conséquence. Il a déclaré : « Si les prix de l’énergie restaient élevés pendant une période prolongée, cela tendrait à entraîner dans la zone euro une inflation plus forte et une conjoncture plus faible ».
En revanche, Nagel a ajouté que si les combats prenaient fin rapidement, avec un accord politique et peu de dommages aux infrastructures énergétiques de la région, les prix de l’énergie pourraient redescendre rapidement. Dans ce scénario, l’impact inflationniste serait de courte durée et limité.
Les implications pour la politique monétaire
Les spéculations autour d’un éventuel resserrement des taux par la Banque centrale européenne (BCE) se multiplient. Cependant, Nagel a souligné l’importance de déterminer si ces fluctuations des prix sont des « chocs d’offre temporaires ». Le contexte actuel rappelle la crise énergétique de 2022, où la guerre en Ukraine avait entraîné une flambée des prix, culminant à plus de 10 % d’inflation à l’automne.
La BCE se réunira dans deux semaines pour débattre de la situation économique, avec de nouvelles projections à l’appui. Nagel a précisé qu’il n’était pas approprié de tirer des conclusions hâtives à partir des informations limitées disponibles, dans un environnement qu’il a qualifié de « très erratique ».
Une situation sérieuse mais différente
De son côté, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a précisé que le choc inflationniste de 2022, survenu après la pandémie de Covid-19, avait touché toutes les matières premières, ce qui n’est pas le cas en 2026. Il ne voit pas, pour l’heure, de raison pour que la BCE augmente ses taux, tout en qualifiant la situation de « sérieuse ».
La Bundesbank a également annoncé une perte de 8,6 milliards d’euros en 2025, soit plus que le double de celle de 2024, conséquence des politiques monétaires appliquées durant les années de crise. L’institution s’attend à un nouveau déficit cette année et ne prévoit pas de verser un dividende à l’État avant longtemps, un processus que Nagel décrit comme un « marathon » vers le retour à une situation normale.
Face à ces incertitudes économiques et à la volatilité des prix, la vigilance reste de mise. Les défis posés par la guerre au Moyen-Orient et ses répercussions sur l’économie européenne nécessiteront une attention particulière de la part des décideurs politiques et économiques.