Le 25 février 2026, Fitch Ratings a annoncé le maintien de la note de la France à A+ avec une perspective stable. Cette décision, saluée par le ministre de l’Économie, Roland Lescure, met en lumière la solidité de l’économie française, tout en soulignant les défis liés à une dette publique considérable.
EN BREF
- Fitch maintient la note de la France à A+, soulignant la solidité de son économie.
- La dette publique élevée et un contexte politique limitent les efforts d’assainissement budgétaire.
- Les discussions sur le budget 2027 s’annoncent difficiles, avec des prévisions d’évolution du déficit public.
Dans un communiqué, Fitch a noté la diversité de l’économie française, qui possède un revenu par habitant et des indicateurs de gouvernance supérieurs à la médiane des pays classés dans la même catégorie. Cependant, l’agence a également averti que le niveau élevé et croissant de la dette publique, couplé à un contexte sociopolitique complexe, pèse sur la situation budgétaire.
Le ministre Lescure a mis en avant les efforts du gouvernement pour maîtriser les finances publiques. Selon lui, cette décision de Fitch s’inscrit dans le cadre des engagements pris pour le budget 2026, visant à réduire le déficit et la dette. Toutefois, la route semble semée d’embûches, notamment en raison des concessions faites pour obtenir l’adoption du budget, telles que la suspension de la réforme des retraites.
Depuis septembre 2025, la France est notée A+ par Fitch, qui considère sa dette comme étant de qualité moyenne supérieure. Malgré des prévisions de croissance légèrement meilleures que prévu pour 2025, à 0,9 % contre 0,7 %, le pays fait face à des défis significatifs. Le budget 2026 a été adopté avec un déficit public de 5 % du PIB, une amélioration par rapport à 5,4 % pour 2025, mais encore supérieur à l’objectif initial.
Les discussions sur le budget 2027 s’annoncent déjà difficiles. Fitch a souligné qu’il existe peu de marge pour une consolidation budgétaire rapide, surtout avec l’élection présidentielle de 2027 en ligne de mire. Le déficit public est prévu à 4,9 % du PIB en 2026, proche de l’objectif gouvernemental, mais toujours au-dessus de la médiane de 3,3 % pour les pays notés A.
Il est à noter qu’il est encore trop tôt pour que Fitch prenne en compte les éventuels impacts de la guerre au Moyen-Orient sur les finances publiques françaises. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a évoqué la possibilité d’une augmentation de l’inflation et d’une croissance réduite, tout en assurant qu’une récession n’était pas à prévoir.
Eric Dor, professeur à l’école de commerce IESEG, a également souligné que la France est relativement protégée contre l’inflation liée aux énergies fossiles, grâce à son infrastructure nucléaire. Les deux autres grandes agences de notation, Moody’s et S&P Global Ratings, doivent se prononcer sur la note française dans les semaines à venir, ce qui ajoutera encore de l’incertitude à la situation financière du pays.
En somme, la France se trouve à un carrefour délicat. Bien que Fitch ait confirmé sa note, les défis économiques et politiques qui l’accompagnent pourraient avoir des répercussions significatives sur l’avenir budgétaire du pays.