Une possible pénurie de café : préparez-vous avant le 15 du mois

Ces derniers mois, de nombreux consommateurs ont fait face à un constat inquiétant lors de leurs courses : la raréfaction de certains produits de première nécessité, dont le café. Après l’huile et les œufs, cet ingrédient phare du petit-déjeuner suscite des inquiétudes croissantes. Les producteurs, les logisticiens et les associations de consommateurs tirent la sonnette d’alarme sur une matière première devenue instable, affectée par des aléas climatiques et maritimes. Une nouvelle vague de hausses de prix est attendue dans les supermarchés.

EN BREF

  • Le prix du café a augmenté de 18 % en moyenne sur deux ans.
  • Des conditions climatiques extrêmes affectent la production mondiale.
  • Une pénurie de café pourrait se profiler d’ici quelques mois.

Le café, considéré comme un pilier de notre consommation, est au cœur des préoccupations actuelles. En un an, certains paquets ont vu leur prix grimper jusqu’à 46 %, avec une hausse moyenne d’environ 18 % sur une cinquantaine de références. Actuellement, le prix moyen du café s’élève à 31 €/kg, avec des grains ou du café moulu avoisinant les 20 €/kg et des capsules atteignant presque 60 €/kg. Face à ces augmentations, la question qui se pose est simple : faut-il envisager de constituer un stock avant le 15 du mois ?

Cette flambée des prix en France reflète une situation plus large sur les marchés mondiaux. En effet, le cours du café arabica a bondi de près de 90 % en 2024, atteignant environ 3,48 $ la livre, soit un peu plus de 7 € le kilo. Les rapports sur l’évolution des prix des denrées alimentaires soulignent une forte volatilité pour ces produits importés, dont les prix réagissent rapidement aux récoltes et aux coûts de transport.

Les deux principaux producteurs mondiaux, le Brésil et le Vietnam, qui représentent à eux seuls plus de la moitié de la production mondiale, ont été touchés par des sécheresses, des pluies diluviennes et des épisodes de gel. Ces événements climatiques ont eu un impact dévastateur sur les cafetières, entraînant une réduction des récoltes et, par conséquent, une diminution des stocks disponibles. Dans le même temps, la demande mondiale de café reste soutenue, exacerbant la tension sur les prix et entraînant des craintes chez certains économistes et à l’UFC-Que Choisir d’un café qui pourrait devenir un produit de luxe.

Outre la disponibilité des grains, la logistique maritime complique également la situation. Des perturbations autour de la mer Rouge obligent certains cargos à allonger leurs trajets entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe. Ces retards augmentent les coûts de fret et réduisent les marges des importateurs de café. En France, des indicateurs tels que l’indice de rupture Neogrid montrent déjà une hausse des ruptures de stock de café dans les supermarchés, parallèle à d’autres produits tels que le sucre ou l’huile d’olive.

Ce climat rappelle la situation des œufs, avec des rayons souvent clairsemés. Une enquête récente de l’UFC-Que Choisir, publiée le 24 février 2026, attribue principalement ces pénuries à un déséquilibre entre l’offre et la demande. Un retour progressif à la normale est attendu pour juin 2026. Pour le café, la combinaison de récoltes en baisse, de logistique compliquée et de consommation élevée pourrait à terme se traduire par des références manquantes et des promotions plus rares.

Se préparer à une éventuelle pénurie de café ne signifie pas vider les rayons, mais plutôt constituer un stock modeste pour quelques semaines ou mois. Il est conseillé de privilégier le café en grains entiers, moins poreux que le café moulu et plus stable dans le temps. Le café torréfié conserve son meilleur goût pendant 3 à 4 semaines à l’air libre et jusqu’à 12 mois sous vide, à condition que le stockage soit sec, sombre et tempéré.

Face à cette situation, il est donc prudent de prendre les devants et d’anticiper une évolution des prix qui pourrait impacter le quotidien des consommateurs. Ainsi, en envisageant de constituer un petit stock de café, vous vous assurez de ne pas être pris au dépourvu dans les mois à venir.