Le jeudi 6 mars 2026, Washington a annoncé une décision significative : l’autorisation temporaire de la vente de pétrole russe stocké sur des navires. Cette mesure, qui a suscité des réactions en Russie, se déroule dans un contexte où les revenus pétroliers et gaziers de Moscou connaissent une chute alarmante depuis le début du conflit en Ukraine.
EN BREF
- Washington permet la vente temporaire de pétrole russe jusqu’au 11 avril 2026.
- Cette décision intervient alors que l’économie russe subit une forte pression.
- L’émissaire du Kremlin souligne l’importance du pétrole russe pour le marché mondial.
Le ministère américain des Finances a précisé que cette licence autorise la vente de pétrole brut et de produits pétroliers chargés à bord de navires avant le 12 mars 2026, à 00h01, heure locale. Selon le ministre des Finances, Scott Bessent, cette annonce vise à « accroître la portée mondiale de l’offre existante ». Toutefois, il a aussi insisté sur le fait qu’il s’agit d’une « mesure à court terme » et qu’elle ne devrait pas générer de bénéfices financiers significatifs pour le gouvernement russe, dont la majorité des taxes proviennent de l’extraction du pétrole.
Cette décision a été accueillie avec satisfaction par Kirill Dmitriev, l’émissaire du Kremlin pour les questions économiques. Ce dernier a affirmé que le marché mondial de l’énergie « ne peut rester stable » sans le pétrole russe, augmentant ainsi la pression sur les États-Unis pour lever davantage de sanctions. Il a souligné sur Telegram que les États-Unis reconnaissent la réalité : la stabilité du marché de l’énergie dépend de l’approvisionnement énergétique russe.
Les fluctuations des prix du pétrole sont également à surveiller. Le baril de Brent, référence internationale, est resté au-dessus des 100 dollars, atteignant ce seuil pour la première fois depuis août 2022. Cette hausse des prix coïncide avec les récents bouleversements dans le secteur énergétique au Moyen-Orient, notamment en raison des tensions dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part significative du pétrole brut mondial.
La décision américaine s’inscrit dans un cadre plus large de sanctions économiques imposées à la Russie suite à son invasion de l’Ukraine. Récemment, l’administration américaine a également permis la livraison de pétrole russe bloqué en mer vers l’Inde pour une durée d’un mois. Cette approche soulève un dilemme pour Washington, qui cherche à limiter les capacités de Moscou à financer son effort de guerre tout en répondant aux besoins croissants du marché mondial.
Il est à noter que la semaine dernière, des sanctions supplémentaires ont été imposées aux géants pétroliers russes, Rosneft et Lukoil, pour exercer une pression continue sur le Kremlin. Cependant, le retrait des sanctions visant les filiales allemandes de Rosneft a suscité des interrogations sur la stratégie globale des États-Unis à l’égard de la Russie.
Dans ce contexte international complexe, le président français Emmanuel Macron a rappelé que la situation dans le détroit d’Ormuz ne justifie en aucun cas la levée des sanctions contre la Russie. Lors d’une visioconférence avec les dirigeants du G7, il a souligné le consensus sur le maintien de la position fermée vis-à-vis de Moscou et la nécessité de continuer à soutenir l’Ukraine.
Alors que l’économie russe traverse une période difficile, avec des revenus pétroliers et gaziers tombant à des niveaux critiques, la question de l’approvisionnement énergétique mondial et de la réponse des grandes puissances demeure au cœur des préoccupations internationales.