Gisèle Pelicot : de victime à icône féministe, sa tournée médiatique prend de l’ampleur

À l’approche de la parution de son livre « Et la joie de vivre », Gisèle Pelicot, âgée de 70 ans, se retrouve sous les feux des projecteurs. Ce livre, qui sera disponible dans 22 pays à partir du 17 février, est décrit par Pelicot comme un message d’espoir pour toutes les femmes confrontées à des épreuves difficiles. La période médiatique qui l’entoure marque un tournant dans son parcours, la mettant en avant non seulement pour son récit personnel, mais également comme une figure emblématique du féminisme moderne.

EN BREF

  • Gisèle Pelicot lance sa tournée médiatique avant la sortie de son livre.
  • Elle souhaite sensibiliser sur les violences sexuelles et l’errance médicale.
  • Sa visibilité médiatique ne cesse d’augmenter, avec des interviews et articles dans des publications majeures.

Gisèle Pelicot a, jusqu’à récemment, été relativement discrète dans les médias, s’exprimant uniquement au début et à la fin du procès d’Avignon, connu sous le nom de « procès des viols de Mazan ». Ce procès, qui s’est conclu en décembre 2024, a vu son ex-mari et 50 coaccusés condamnés pour des crimes graves, y compris des viols aggravés. Elle a alors décidé d’ouvrir les portes de son procès, souhaitant que la société prenne conscience des enjeux soulevés. « Je n’ai jamais regretté cette décision », a-t-elle déclaré à l’époque.

Après une année d’absence médiatique, Pelicot refait surface avec une tournée promotionnelle qui a débuté cette semaine. Le journal Le Monde a publié des extraits de son livre, accompagnés d’un article de la chroniqueuse judiciaire Pascale Robert-Diard, qui souligne la manière dont Pelicot se réapproprie son histoire. Dans son premier entretien télévisé sur France 5, elle apparaît à la fois sereine et déterminée, affirmant que son livre vise à inspirer les femmes à reconnaître leur force intérieure.

Gisèle Pelicot est attendue sur plusieurs plateaux de télévision dans les jours à venir, y compris celui du JT de 20 heures de Laurent Delahousse et des matinales de France Inter et RTL. Son image est omniprésente dans la presse, où elle est mise en avant dans des magazines comme Télérama, Libération et Le Figaro.

« Elle ne promeut pas seulement un objet culturel : elle promeut une cause », a déclaré Augustin Trapenard, le présentateur de « La Grande Librairie ». Il a eu l’opportunité de lire le livre en avant-première et souligne l’importance de faire connaître son histoire pour éviter que les violences subies par les victimes ne soient ignorées par le corps médical.

Le podcast du New York Times, dans lequel Gisèle Pelicot raconte sa douloureuse expérience, a également suscité un vif intérêt. Son récit de la journée tragique du 2 novembre 2020, où elle a découvert des images compromettantes de son passé, a connu un fort retentissement, accumulant rapidement des millions de vues sur les réseaux sociaux.

La couverture médiatique de la sortie de son livre a provoqué des tensions avec sa maison d’édition, Flammarion, qui souhaitait conserver l’exclusivité de son premier entretien filmé. Malgré cela, l’effervescence médiatique autour de Pelicot ne faiblit pas, tant les médias internationaux se disputent des entretiens avec elle. Vogue et la BBC ont ainsi réussi à décrocher des interviews, renforçant son statut de figure emblématique.

L’agente littéraire Susanna Lea a joué un rôle clé dans la promotion internationale de son livre, en mettant l’accent sur la qualité littéraire de son récit plutôt que sur les aspects les plus sordides de son passé. Cela a permis d’attirer un public plus large, désireux de découvrir son histoire à travers une perspective humaniste.

La tournée médiatique de Gisèle Pelicot est loin d’être achevée. Après Londres, où elle se produira au Royal Festival Hall, elle se rendra à Hambourg, Munich, Madrid, Barcelone et d’autres villes, avant de revenir en France pour des présentations dans plusieurs librairies. Elle souhaite avant tout donner une voix à toutes celles qui ont vécu des expériences similaires à la sienne.

En témoignant, Gisèle Pelicot espère qu’elle pourra inspirer d’autres femmes à prendre la parole et à affronter leurs propres épreuves. « Cette histoire ne m’appartient plus totalement », observe-t-elle, soulignant ainsi la portée collective de son récit.