À Pyongyang, la capitale de la République populaire démocratique de Corée, se dresse un bâtiment énigmatique surnommé « l’hôtel de la mort ». Cet édifice colossal de 330 mètres, qui a coûté deux milliards de dollars, n’a jamais accueilli un seul client depuis le début de sa construction en 1986. Un projet ambitieux devenu emblématique de l’échec architectural, cet hôtel soulève de nombreuses questions tant sur son histoire que sur son avenir.
EN BREF
- L’hôtel Ryugyong, construit à Pyongyang, n’a jamais ouvert ses portes.
- Malgré un investissement colossal, l’établissement reste inachevé après près de quatre décennies.
- Un nouvel investisseur envisage de relancer le projet avec l’ajout d’un casino.
La structure pyramidale de l’hôtel Ryugyong, qui compte 105 étages, a été conçue pour être un symbole de la puissance du régime nord-coréen. Prévu pour accueillir des visiteurs dès 1988, son inauguration a été perpétuellement repoussée. Au fil des années, le bâtiment a acquis une réputation de monument abandonné, souvent qualifié de « fantôme » de l’architecture moderne.
Malgré des sommes astronomiques investies, l’hôtel n’a jamais été achevé. En 2012, le groupe hôtelier allemand Kempinski avait projeté une ouverture partielle, mais ce plan a rapidement été abandonné, laissant le bâtiment dans un état d’immobilisme. À l’heure actuelle, seules les grandes lignes de la structure sont visibles, tandis que l’intérieur demeure désespérément vide.
En 2024, le gouvernement nord-coréen a relancé un appel à projets dans l’espoir d’attirer des investisseurs étrangers. Selon des rapports, un promoteur serait intéressé par la transformation intérieure de l’hôtel, avec l’ambition d’y établir un casino. Cette initiative pourrait marquer un tournant pour le bâtiment, qui pourrait enfin sortir de l’oubli.
La Corée du Nord, déjà très fermée aux touristes, pourrait voir un changement avec l’éventuelle ouverture de ce casino. Avant la pandémie, environ 5 000 visiteurs occidentaux et jusqu’à 300 000 Chinois visitaient le pays chaque année. Le gouvernement devra redoubler d’efforts pour attirer ces touristes, qui viennent souvent pour découvrir la culture unique de la Corée du Nord ou pour partager leur expérience sur les réseaux sociaux.
Les voyageurs intéressés par la Corée du Nord doivent se préparer à un séjour très encadré, avec des visites guidées des sites emblématiques et des déplacements organisés sous l’œil attentif des autorités. Les restrictions sont nombreuses, et le respect des règles imposées par le régime de Kim Jong Un est indispensable.
Le chantier de l’hôtel Ryugyong, avec son architecture audacieuse mais inachevée, restera sans doute un symbole de l’ambition démesurée d’un régime qui peine à attirer les investisseurs. L’avenir de ce bâtiment iconique est encore incertain, mais ses murs, témoins d’une époque révolue, continuent de fasciner et d’intriguer.