Les Bourses mondiales ont terminé la deuxième semaine de conflit au Moyen-Orient dans une dynamique négative, marquée par des préoccupations croissantes concernant l’inflation. Malgré une forte pression sur les marchés, il n’y a pas eu de panique généralisée parmi les investisseurs, même avec la flambée des prix du pétrole qui accompagne cette situation.
EN BREF
- Les indices boursiers mondiaux ont enregistré des baisses modérées.
- Les prix du pétrole ont fortement augmenté, alimentant des inquiétudes inflationnistes.
- Les experts estiment que la situation pourrait dégénérer si le conflit perdure.
À New York, le Dow Jones a enregistré une baisse de 0,26 %, tandis que le Nasdaq a reculé de 0,93 % et que l’indice élargi S&P 500 a cédé 0,61 %. Depuis le début du mois, ces indices ont vu leurs valeurs diminuer respectivement de 3,6 % pour le S&P 500 et de 4,9 % pour le Dow Jones, atteignant des niveaux bas depuis novembre dernier.
En Europe, la situation est similaire. Les marchés parisiens ont perdu 0,91 %, Londres a cédé 0,43 %, tandis que Milan et Francfort ont enregistré des baisses respectives de 0,31 % et 0,60 %. Ces chiffres indiquent une chute de 5 à 7 % depuis le début des hostilités dans la région.
Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets, observe que les investisseurs restent attentifs aux nouvelles liées à la guerre en Iran et aux répercussions sur les prix de l’énergie. Une tendance vers des valeurs refuges est en cours, mais la situation n’est pas jugée catastrophique. Andrea Tueni, responsable des marchés chez Saxo Bank, souligne la résilience des marchés américains, qui pourraient rester stables tant que le conflit semble limité dans le temps.
Une flambée des prix du pétrole
La principale source d’inquiétude reste le prix du pétrole, qui a connu une hausse significative. Le cours du baril de Brent, référence internationale, a augmenté de plus de 42 % depuis le début de la guerre, atteignant 103,14 dollars. De son côté, le baril de WTI a grimpé de 47 %, s’établissant à 98,71 dollars.
JP Morgan souligne que le marché pétrolier commence à subir les effets d’une perturbation de l’approvisionnement, avec l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estimant une réduction de la production dans les pays du Golfe d’environ 30 %, soit environ 10 millions de barils par jour. Bien que certaines mesures aient été mises en place, comme l’activation des réserves stratégiques, leur impact semble insuffisant face à l’ampleur de la crise actuelle.
Barbara Lambrecht, de Commerzbank, indique que tant qu’une résolution au conflit ne sera pas trouvée, les prix du pétrole resteront soutenus. Cependant, ils ont légèrement diminué par rapport aux pics observés en début de semaine, où ils frôlaient les 120 dollars.
Taux d’emprunt en hausse
Les tensions sur les marchés se manifestent également par une augmentation des taux d’emprunt. En Europe, le taux d’emprunt à dix ans en Allemagne a atteint 2,98 %, son plus haut niveau depuis fin 2023, tandis que son équivalent français a enregistré 3,67 %, un niveau inégalé depuis 2011. Aux États-Unis, le rendement des emprunts d’État à dix ans a grimpé à 4,28 %, contre 3,94 % avant le déclenchement des frappes israélo-américaines en Iran.
Ces taux influencent directement les coûts d’emprunt pour les ménages et les entreprises, ajoutant une pression supplémentaire dans un contexte déjà difficile. La réunion de la Banque centrale européenne (BCE) prévue jeudi prochain sera scrutée de près, tout comme celle de la Réserve fédérale américaine la veille, avec des attentes sur le maintien des taux à leur niveau actuel.
Dans ce climat incertain, les investisseurs doivent naviguer entre les impacts immédiats du conflit et les implications à long terme pour l’économie mondiale. La volatilité des marchés pourrait perdurer tant que la situation au Moyen-Orient demeure instable.