Nicolas Sarkozy réaffirme son innocence lors de son procès en appel sur le financement libyen

Le 16 mars 2026, Nicolas Sarkozy, ancien président de la République française, a pris la parole lors de son procès en appel concernant les accusations de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. L’occasion pour lui de réaffirmer sa position : il se dit innocent et nie avoir commis le moindre acte de corruption.

EN BREF

  • Nicolas Sarkozy clame son innocence au procès en appel sur le financement libyen.
  • Il a été condamné à cinq ans de prison en première instance pour association de malfaiteurs.
  • Le procès se déroule jusqu’au 3 juin, avec un délibéré prévu à l’automne.

Cette audience est d’autant plus historique qu’elle marque la première fois qu’un ancien président français a été incarcéré. Nicolas Sarkozy, qui a occupé le poste entre 2007 et 2012, a été condamné à cinq ans de prison, dont deux avec sursis, pour des accusations liées à un pacte de corruption avec la Libye de Mouammar Kadhafi. Selon l’accusation, ce pacte aurait permis de financer sa campagne électorale en échange de contreparties économiques et diplomatiques.

Au cours de cette première journée de procès, Sarkozy a exprimé son indignation face aux accusations. « Je n’ai jamais, ni de près ni de loin, commis d’acte de corruption », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il avait toujours respecté les lois en vigueur. Son avocate a également soulevé des questions de procédure, plaidant pour que leur client soit jugé par la Cour de justice de la République (CJR), arguant que les faits en question se sont déroulés alors qu’il était ministre de l’Intérieur.

La défense de Sarkozy a mis en avant des éléments indiquant que les actes reprochés n’avaient pas été commis dans le cadre de l’exercice de ses fonctions présidentielles. La cour d’appel devra se prononcer sur cette question de compétence, une décision attendue avec impatience par les médias et l’opinion publique.

Parmi les autres prévenus figurent des figures politiques de premier plan, dont Claude Guéant, ancien secrétaire général de l’Élysée. Cependant, ce dernier ne participe pas aux débats, une expertise médicale ayant déterminé qu’il n’est pas en état de comparaître actuellement.

Les déclarations liminaires des autres prévenus sont prévues pour le lendemain, mais le président de la cour, Olivier Géron, a souhaité entendre en premier lieu Nicolas Sarkozy. Ce dernier a profité de cette occasion pour aborder une réforme controversée introduite en 2007, qui a modifié l’immunité pénale des chefs d’État. « Je suis ici en tant que prévenu, pas en tant que spécialiste des questions institutionnelles », a-t-il réagi face à une question sur cette réforme.

Les avocats de l’association anticorruption Sherpa ont critiqué la position de Sarkozy, affirmant qu’il a utilisé ses fonctions pour mettre en œuvre les contreparties liées à ce pacte. « En se livrant à des actes d’apparence politique, il a dénaturé la fonction présidentielle », a souligné un des avocats généraux, ajoutant que la justice de droit commun est compétente pour juger les faits reprochés.

Le procès se poursuivra jusqu’au 3 juin, avec un délibéré prévu pour l’automne, tenant en haleine un pays entier qui observe les événements avec une attention particulière. La cour d’appel rendra sa décision imminente sur les exceptions de nullité soulevées par la défense, un moment décisif qui pourrait influencer le cours de cette affaire emblématique.