Dunkerque : saisie historique de 13 tonnes de cocaïne par les douanes françaises

Les douanes françaises ont réalisé une saisie sans précédent de 13 tonnes de cocaïne au port de Dunkerque, entre le 7 et le 18 février 2026. Cette opération, qui marque l’une des plus importantes de l’histoire récente, a été confirmée lors d’une réunion à l’Élysée sur la lutte contre le narcotrafic. Le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, a précisé que la valeur de revente de cette drogue est estimée à près de 865 millions d’euros.

EN BREF

  • Saisie record de 13 tonnes de cocaïne à Dunkerque, d’une valeur de 865 millions d’euros.
  • Trois opérations distinctes menées entre le 7 et le 18 février 2026.
  • Le port de Dunkerque devient une cible privilégiée pour le narcotrafic.

Les agents des douanes ont réalisé trois saisies notables : 1,9 tonne le 7 février, 8,4 tonnes le 12 février, et 2,8 tonnes le 18 février. Ces quantités interceptées représentent déjà un tiers des saisies opérées par les douanes françaises pour l’ensemble de l’année 2025, qui avait déjà vu des chiffres records avec 84,3 tonnes de cocaïne interceptées.

Ce coup de filet à Dunkerque n’est pas un fait isolé. En mars 2025, le port avait également été le lieu d’une saisie record de 10 tonnes de cocaïne. Cette fois, la drogue était dissimulée dans des conteneurs de marchandises licites, une méthode qui soulève des questions sur les réseaux de narcotrafic. La provenance de cette cocaïne n’a pas été précisée, mais son mode de transport est révélateur des nouvelles stratégies des trafiquants.

La plus importante saisie de 8,4 tonnes a été trouvée cachée derrière des packs de boissons, tandis que d’autres quantités étaient dissimulées dans des sacs noirs scotchés. Selon la directrice régionale des douanes à Dunkerque, Frédérique Durand, ces saisies sont le résultat d’une analyse minutieuse des anomalies logistiques dans le trafic commercial.

« Nous détectons des conteneurs potentiellement suspects en nous basant sur des éléments qui nous semblent anormaux », a-t-elle expliqué. Elle a également précisé que certaines cargaisons peuvent être envoyées sans que les expéditeurs aient connaissance de la présence de la drogue.

Sur le plan international, cette cocaïne, fabriquée en Colombie, au Pérou et en Bolivie, utilise les côtes vénézuéliennes pour quitter le continent sud-américain. Elle transite ensuite par des territoires comme la Martinique, la Guadeloupe et la République dominicaine avant d’atteindre le marché européen, qui est devenu l’un des plus lucratifs au monde.

Traditionnellement, les ports d’Anvers et de Rotterdam étaient privilégiés pour la distribution de stupéfiants. Cependant, des ports moins fréquentés comme Dunkerque attirent désormais l’attention des narcotrafiquants en raison de leur croissance en matière de trafic licite, ce qui crée de nouvelles opportunités pour le commerce illégal.

À compter du 1er septembre, Dunkerque bénéficiera d’une brigade douanière spécifique dédiée à la lutte contre les trafics de stupéfiants. Cependant, des représentants syndicaux comme Reynald Savreux de la CGT douanes soulignent que les effectifs resteront constants, ce qui pose des défis importants face à l’ampleur croissante du narcotrafic. « Les besoins douaniers sont réels », a déclaré David Olivier Caron de la CFDT, insistant sur la nécessité de renforcer les moyens disponibles pour lutter efficacement contre ces réseaux criminels.

Cette situation met en lumière les défis auxquels les autorités françaises doivent faire face pour endiguer le fléau du narcotrafic, alors que les réseaux criminels exploitent les failles du système avec une agilité croissante.