Le 12 mars 2026, la Bourse de New York a ouvert sur une note positive, témoignant d’une dynamique inattendue alors que les prix du pétrole continuent de grimper. Ce rebond se produit en plein début de la réunion de deux jours de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui pourrait influencer l’orientation économique à venir. À 14H00 GMT, le Dow Jones enregistrait une progression de 0,77%, tandis que l’indice Nasdaq et l’indice élargi S&P 500 avançaient respectivement de 0,75% et 0,70%.
EN BREF
- La Bourse de New York ouvre en hausse malgré la hausse des prix du pétrole
- Les investisseurs s’adaptent aux fluctuations des cours pétroliers
- La Fed doit annoncer ses prévisions économiques cette semaine
Adam Sarhan, analyste chez 50 Park Investments, a commenté cette situation en indiquant qu’il existe un « découplage » entre les marchés boursiers et pétroliers. En effet, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, une hausse des prix du pétrole avait entraîné une chute des indices boursiers, suscitant des préoccupations quant aux répercussions économiques du conflit. Pourtant, malgré une augmentation de près de 2% des prix du pétrole ce mardi, le marché américain réussit à rester dans le vert.
« Les investisseurs s’habituent de plus en plus aux fluctuations importantes du pétrole », a observé Sarhan, notant que tant que les prix du brut se maintiennent autour de 100 dollars le baril, la Bourse américaine pourrait continuer à afficher des résultats positifs. Pour lui, il faudrait une hausse significative des prix pour provoquer un impact réel sur le marché boursier.
Dans le même temps, la Fed, qui s’apprête à se réunir, est sous les projecteurs. Jay Woods de Freedom Capital Markets a souligné que la réunion de la Fed pourrait avoir des implications majeures pour l’économie, notamment en ce qui concerne la gestion de l’inflation liée aux prix du pétrole. Cette réunion est d’autant plus cruciale que la Fed n’a pas pu aborder les répercussions de la hausse des prix du brut pendant sa période de silence.
Les attentes des marchés sont élevées, surtout après que Jerome Powell, le président de la Fed, devrait présenter ses nouvelles prévisions économiques. Ces prévisions seront scrutées avec attention, car elles pourraient influencer la direction des taux d’intérêt. Ali Hassan, analyste chez Thornburg Investment Management, a prédit que si le conflit avec l’Iran est maîtrisé rapidement, il pourrait y avoir deux ou trois baisses de taux d’ici la fin de l’année. En revanche, si le conflit persiste, la Fed pourrait adopter une approche plus prudente.
Sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d’État à dix ans a légèrement diminué, atteignant 4,20% contre 4,22% à la clôture de la veille. Ce rendement était de 3,94% avant le début des premières frappes israélo-américaines en Iran.
Du côté des entreprises, Delta Air Lines a vu son action grimper de 5,27% à 64,04 dollars, portée par un relèvement de ses prévisions pour le trimestre en cours, malgré la forte hausse des coûts du kérosène due à la guerre au Moyen-Orient. En mars, l’entreprise estime que l’augmentation des coûts de carburant pourrait atteindre 400 millions de dollars.
Par ailleurs, Nvidia, le leader mondial des puces pour l’intelligence artificielle, a connu une légère baisse de 0,07% à 183,07 dollars, après avoir annoncé que la demande pour ses produits pourrait atteindre au moins 1000 milliards de dollars d’ici 2027. En revanche, Qualcomm a progressé de 2,40% à 132,49 dollars après avoir lancé un programme de rachat d’actions d’une valeur de 20 milliards de dollars et annoncé une hausse des dividendes versés aux actionnaires.
Cette journée boursière met en lumière la complexité des interactions entre les marchés financiers et les fluctuations des prix des matières premières, dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu.