Le lien entre les égouts et le narcotrafic peut sembler inattendu, mais il révèle des informations précieuses sur les tendances de consommation de drogues en Europe. Une étude récente, publiée mercredi dernier, met en lumière une hausse significative des résidus de kétamine et de cocaïne dans les eaux usées de plusieurs pays, tandis que la présence de MDMA, le principe actif de l’ecstasy, connaît une nette diminution.
EN BREF
- La kétamine et la cocaïne montrent une augmentation significative dans les eaux usées européennes.
- À l’inverse, la consommation de MDMA est en forte baisse dans de nombreuses villes.
- L’étude couvre 115 villes de 25 pays, analysant les comportements de consommation variés.
Cette étude a été menée par l’Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA), en collaboration avec le réseau de chercheurs Score. Elle repose sur l’analyse d’échantillons d’eaux usées prélevés quotidiennement entre mars et mai 2025, représentant environ 72 millions de personnes dans 115 villes à travers 25 pays, dont 23 de l’Union européenne, ainsi que la Norvège et la Turquie.
Les résultats montrent une tendance inquiétante : la charge totale de kétamine a augmenté de près de **41 %** par rapport à l’année précédente. Cette substance est particulièrement présente dans les villes belges, allemandes et néerlandaises. Parallèlement, la cocaïne a également vu son niveau dans les égouts grimper de **22 %** en 2025. Les villes d’Europe occidentale et méridionale, notamment la Belgique, l’Espagne et les Pays-Bas, affichent des taux de détection élevés, bien que des traces aient également été relevées dans plusieurs villes d’Europe orientale.
En revanche, l’analyse des eaux usées a révélé une **diminution** marquée des résidus de MDMA. Ce phénomène est particulièrement visible dans les villes d’Allemagne, d’Autriche et de Slovénie, où les baisses sont plus prononcées qu’en 2020, période durant laquelle de nombreuses villes avaient signalé des diminutions en raison de la fermeture des lieux de vie nocturne pendant la pandémie de Covid-19.
Les fluctuations hebdomadaires de consommation sont également mises en lumière par cette étude. Il a été observé que dans trois villes sur quatre, les traces de benzoylecgonine, le principal métabolite de la cocaïne, ainsi que celles de MDMA, sont plus élevées durant les week-ends, suggérant des comportements de consommation distincts selon les jours de la semaine.
Ce rapport souligne ainsi un phénomène de consommation de drogues en constante évolution en Europe. Lorraine Nolan, directrice de l’EUDA, a déclaré que l’étude témoigne d’une « consommation de drogues à la fois généralisée et variée ». Ces résultats interrogent sur les dynamiques sociales et culturelles qui influencent la consommation de drogues dans les différentes régions d’Europe.
En somme, l’analyse des eaux usées se révèle être un outil précieux pour comprendre et suivre l’évolution des comportements de consommation de drogues. Alors que certaines substances voient leur utilisation augmenter, d’autres semblent perdre en popularité, offrant ainsi une perspective nuancée sur le paysage des drogues en Europe.