Ce dimanche matin, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, se rendra au Teknival, une free-party qui se tient depuis vendredi sur un terrain militaire entre Cornusse et Bengy-sur-Craon, dans le Cher. Cet événement rassemble des milliers de teufeurs, suscitant des préoccupations tant au niveau local qu’auprès des autorités.
EN BREF
- Un obus a été découvert sur le site, nécessitant l’intervention des démineurs.
- Le préfet rappelle les dangers d’un terrain militaire utilisé comme champ de tir.
- La situation provoque des tensions entre la population locale et les participants à la fête.
À partir de 5 heures du matin, le son des basses s’est intensifié, provoquant l’agacement du maire de Bengy-sur-Craon, à seulement deux kilomètres du champ de tir militaire. Ce dernier s’inquiète de l’impact de cet événement sur la tranquillité de sa commune, d’autant plus que l’événement se déroule dans un espace à risque. Le préfet du Cher, Philippe Le Moing Surzur, a précisé que ce terrain avait été utilisé pour des activités militaires, ce qui le rend potentiellement dangereux.
Samedi, les forces de l’ordre ont dû intervenir après la découverte d’un obus près de la route départementale 102. Selon la préfecture, les démineurs de la direction générale de l’armement (DGA) ont déplacé l’obus vers une zone sécurisée pour le détruire ultérieurement. « Le pire scénario serait qu’une munition de la Seconde Guerre mondiale explose », a insisté le préfet, soulignant les risques inhérents à la situation.
En dépit des inquiétudes, la free-party attire un public considérable. Les organisateurs prévoyaient jusqu’à 30 000 participants, bien que les derniers chiffres de la préfecture indiquent près de 17 000 personnes présentes. À ce jour, seulement 12 blessés légers auraient été signalés, ce qui laisse entrevoir une gestion relativement calme de la situation, malgré les tensions croissantes.
Denis Durand, maire de Bengy, a exprimé son désarroi face à l’afflux de teufeurs. « Vendredi, notre village a été bloqué pendant huit heures, ce qui a engendré des désagréments pour les habitants », a-t-il déclaré. Il a également évoqué une « impression d’un deux poids deux mesures », remarquant que les habitants respectent l’interdiction d’accès au terrain militaire, alors que les participants à la fête semblent l’ignorer.
Cette situation soulève des questions sur l’implication de l’État et la gestion des événements illégaux. Le maire a exprimé son inquiétude quant à l’incapacité des autorités à contrôler une telle situation. Il a souligné qu’il fallait mobiliser 45 sapeurs-pompiers et 30 secouristes pour assurer la sécurité sur place, ce qui complique la gestion des ressources locales.
Dans la commune voisine de Cornusse, la maire, Édith Raquin, a remarqué que les nuisances sonores étaient moins importantes grâce à un vent favorable. Cependant, elle a souligné que la cohabitation entre les teufeurs et les habitants se passait relativement bien malgré les problèmes logistiques, notamment en ce qui concerne la collecte des déchets.
Denis Durand reste sceptique concernant la fin de la free-party et le nettoyage du site par les participants. « Je n’ai aucune confiance », a-t-il affirmé, ajoutant que l’événement s’était déjà déroulé dans l’illégalité et que les conséquences allaient probablement se faire sentir longtemps après la fête. Il a conclu en citant Jacques Chirac, soulignant que « c’est à la fin de la foire qu’on va compter les bouses ».