Pakistan et Afghanistan annoncent une trêve pour l’Aïd après des violences meurtrières

Le Pakistan et l’Afghanistan, en proie à des tensions exacerbées, ont déclaré mercredi une trêve à l’occasion de l’Aïd el-Fitr, marquant la fin du ramadan. Cette annonce fait suite à un bombardement tragique sur un hôpital à Kaboul, qui a causé des centaines de victimes. Cette trêve, sollicitée par des pays islamiques comme l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie, devrait entrer en vigueur à partir de ce jeudi à 19h00 GMT, se poursuivant jusqu’à lundi minuit, heure locale.

EN BREF

  • Trêve annoncée entre le Pakistan et l’Afghanistan pour l’Aïd el-Fitr.
  • Un bombardement pakistanais a causé plus de 400 morts à Kaboul.
  • Appels internationaux pour un cessez-le-feu immédiat face à l’escalade des violences.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné le bombardement, le qualifiant de la frappe la plus meurtrière depuis le début des hostilités entre les deux nations. Guterres a rappelé que les établissements médicaux doivent être respectés en vertu du droit international. Les autorités talibanes afghanes ont rapporté que les attaques ont causé 408 morts et 265 blessés dans un hôpital pour toxicomanes, un centre accueillant environ 2.000 patients.

À Kaboul, des volontaires ont déjà commencé à enterrer les victimes, avec plus de cinquante cercueils déposés dans une tombe commune. Les images de la cérémonie, marquée par une forte présence sécuritaire, ont suscité une émotion profonde. Le ministre afghan de l’Intérieur a exprimé ses condoléances, déclarant que « ces gens étaient des êtres humains » et promettant des comptes pour les pertes humaines.

Dans un contexte de tension, le porte-parole du gouvernement afghan, Zabihullah Mujahid, a affirmé que l’Afghanistan répondrait avec courage à toute agression. De son côté, le Pakistan a également mis en garde contre des représailles en cas d’attaques. Les deux pays, tout en annonçant une trêve, se préparent à d’éventuels conflits futurs.

Les violences entre le Pakistan et l’Afghanistan ont considérablement augmenté depuis le 26 février, avec un rapport de l’ONU faisant état d’au moins 76 civils afghans tués et plus de 115.000 déplacés. Le Haut-commissariat de l’ONU aux réfugiés a appelé à une enquête rapide et indépendante sur le bombardement, alors que des appels se multiplient pour un cessez-le-feu durable.

Sirajuddin Haqqani, ancien fugitif et figure clé du gouvernement taliban, a exprimé son souhait d’une résolution pacifique du conflit par le biais de la diplomatie. Cette déclaration contraste avec le climat de violence qui prévaut actuellement, où les tensions sont palpables et où les échanges de tirs sont fréquents.

La situation demeure précaire, et la trêve, bien qu’accueillie avec espoir, soulève des interrogations quant à sa durabilité. Le contexte régional, marqué par des intérêts divergents et des alliances fluctuantes, complique davantage la recherche d’une paix stable.

Les prochaines heures et jours seront cruciales pour observer si cette trêve se concrétisera en un véritable apaisement des tensions, ou si elle ne sera qu’une pause temporaire dans un conflit qui semble loin d’être résolu.