Le procès de Nicolas Zepeda, accusé du meurtre de son ex-petite amie japonaise Narumi Kurosaki, a repris ce mercredi devant la cour d’assises du Rhône. Dix ans après la disparition de la jeune femme à Besançon, la cour a décidé de faire avancer l’enquête en ordonnant l’analyse d’un ADN inconnu découvert sur l’oreiller de Narumi, un élément jugé crucial par la défense.
EN BREF
- Nicolas Zepeda est jugé pour le meurtre de Narumi Kurosaki, disparue en 2016.
- Un ADN inconnu trouvé sur un oreiller va être analysé pour faire progresser l’enquête.
- La défense remet en question les méthodes d’investigation des enquêteurs.
Les avocats de Zepeda, Me Sylvain Cormier et Robin Binsard, ont plaidé pour l’examen de cet ADN, qu’ils considèrent comme « un élément crucial ». Ils reprochent aux enquêteurs de s’être concentrés sur un unique suspect, le leur client, au détriment d’autres pistes. Bien que Zepeda clame son innocence, il a déjà été condamné à 28 ans de réclusion criminelle en 2022, peine confirmée par la cour d’appel en 2023. Toutefois, un vice de procédure a conduit la cour de cassation à annuler ce verdict, entraînant ce nouveau procès.
Lors de cette audience, le président de la cour, Éric Chalbos, a accepté de soumettre l’ADN inconnu au Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques (FNAEG), une avancée qui pourrait potentiellement faire la lumière sur cette affaire sombre. Cet ADN aurait été retrouvé sur un oreiller, élément que l’accusation considère comme une « arme potentielle du crime », utilisée pour asphyxier Narumi, âgée de 21 ans au moment des faits.
Un autre point de friction lors de ce procès concerne les tentatives de Zepeda de « faire vivre virtuellement » Narumi après sa disparition. Des messages et emails ont été envoyés à ses amis et à sa famille, utilisant son compte Facebook, mais dans un style jugé « inhabituel ». Les enquêteurs ont retracé les adresses IP de ces communications, établissant un lien direct avec Zepeda, qui a envoyé le dernier message juste après son arrivée au Chili. Ce comportement suscite des interrogations quant à ses intentions réelles pendant son séjour en France.
La défense de Zepeda s’est également heurtée à un refus de la cour concernant une demande de localisation des adresses IP utilisée par le prévenu. Malgré ces obstacles, les avocats continuent de plaider pour une enquête approfondie sur tous les éléments de preuve disponibles.
Nicolas Zepeda et Narumi Kurosaki avaient entamé une relation en 2014 au Japon. Après la rupture de leur relation, Narumi est venue étudier à Besançon, mais sa disparition est survenue peu après le retour de Zepeda au Chili. Des témoignages indiquent que, durant son séjour en France, Zepeda a suivi Narumi et son nouveau petit ami, suscitant des soupçons sur ses intentions.
Les audiences se poursuivront pendant deux semaines, et l’examen de l’ADN pourrait potentiellement bouleverser le cours de ce procès. Les jurés devront décider si les nouvelles preuves apportées par la défense et l’accusation suffisent à établir la culpabilité ou l’innocence de Zepeda dans cette affaire tragique.