Au nord d’Israël, la vie continue malgré la menace du Hezbollah

Dans le nord d’Israël, la situation reste tendue alors que le Hezbollah intensifie ses attaques. Malgré les alertes et les bombardements, Tommy Kurlender, éleveur laitier et arboriculteur, choisit de ne pas abandonner sa ferme située à Bet Hillel, à quelques kilomètres de la frontière libanaise.

EN BREF

  • Les habitants de Bet Hillel continuent leur activité malgré les tirs du Hezbollah.
  • Plus de 900 personnes ont été tuées au Liban en deux semaines.
  • La décision d’évacuer ou non appartient désormais aux habitants selon l’armée israélienne.

À 78 ans, Kurlender affirme qu’il a déjà traversé plusieurs conflits et qu’il ne quittera pas son exploitation. Avec un troupeau d’environ 300 vaches et une équipe d’une dizaine d’employés, il maintient une routine presque normale. Les vaches sont traites à midi, comme si le conflit se déroulait ailleurs.

« Je ne suis plus tout jeune. J’ai traversé plusieurs guerres dans ce pays. On n’abandonne pas une ferme », déclare-t-il, soulignant son attachement à sa terre et à son mode de vie. Cette détermination contraste avec la situation alarmante qui règne depuis que le Hezbollah a intensifié ses attaques le 2 mars, en réponse à l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei.

Depuis ce jour, le mouvement chiite a multiplié les frappes de roquettes et de drones sur Israël, tandis que l’armée israélienne réagit en bombardant des régions du Liban, y compris Beyrouth, et en menant des opérations au sol dans le sud. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que les déplacés ne pourraient pas rentrer chez eux tant que la sécurité du nord d’Israël ne serait pas restaurée.

Une population tiraillée entre peur et détermination

Lors du précédent conflit avec le Hezbollah, qui a suivi l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, Beit Hillel avait été évacuée avec d’autres localités, entraînant le déplacement de dizaines de milliers d’habitants. Cette fois-ci, l’armée a décidé de ne pas organiser d’évacuation, laissant les habitants face à leur propre choix.

Kurlender doit composer avec un effectif réduit, ses deux fils étant mobilisés. « C’est beaucoup d’inquiétude, mais nous ne pouvons rien y faire », admet-il. Il exprime également sa solidarité envers les habitants du Liban, qui fuient leurs villages situés à proximité.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en deux semaines, plus de 900 personnes ont perdu la vie au Liban et au moins un million ont été déplacées. Dans ce contexte, la vie quotidienne des habitants de Bet Hillel se déroule sous l’ombre de la guerre. Les signes de conflit sont omniprésents, avec des convois militaires empruntant les routes vers la frontière.

Un quotidien sous tension

À Kiryat Shmona, les rues sont presque désertes. Beaucoup envisagent de quitter la ville, mais l’absence d’aide gouvernementale pour couvrir les frais d’hébergement dissuade de nombreux habitants. Haim Ohana, gestionnaire des abris publics, témoigne de l’atmosphère tendue qui règne dans la région. « L’atmosphère ici est très tendue », déclare-t-il.

Les résidents disposent de quelques secondes seulement pour se rendre dans les abris lorsqu’ils entendent les sirènes annonçant les roquettes. Dans un abri public, des habitants tentent de s’adapter à cette nouvelle réalité, certains dormant sur des lits superposés, tandis que d’autres travaillent sur leurs ordinateurs portables.

Zehava Barak, aide-soignante de 54 ans, souligne la difficulté de vivre dans un environnement où les conflits se répètent. « Il n’est pas normal qu’il y ait une opération comme celle-ci tous les quelques mois », déclare-t-elle. Malgré tout, elle soutient l’effort militaire israélien, espérant une résolution durable du conflit.

Alors que la situation continue d’évoluer, les habitants restent résilients, faisant face à l’incertitude avec courage et détermination. Ils espèrent un retour à la paix et à la normalité, conscient que chaque jour peut apporter son lot de défis.