Des milliers de Sud-Africains manifestent contre les pressions américaines à Johannesburg

Le 21 mars 2026, des milliers de Sud-Africains ont pris d’assaut les rues de Johannesburg pour exprimer leur opposition aux pressions exercées par l’administration américaine, à l’initiative du parti au pouvoir, l’ANC. Cette manifestation, qui a également eu lieu au Cap, a vu une foule colorée de vert et de jaune, symboles de l’ANC, défiler en affirmant leur désir de préserver la souveraineté nationale.

EN BREF

  • Des milliers de manifestants ont défilé à Johannesburg contre les pressions américaines.
  • Fikile Mbalula, secrétaire général de l’ANC, a qualifié l’ambassadeur américain de « dérangé ».
  • Les Sud-Africains dénoncent l’ingérence étrangère dans leurs affaires internes.

La manifestation, organisée sous le mot d’ordre « En défense de la souveraineté et des acquis démocratiques », a été marquée par des discours virulents, notamment celui de Fikile Mbalula. Ce dernier a exprimé son indignation face aux commentaires du nouvel ambassadeur américain, Brent Bozell, en affirmant : « On ne peut pas accepter qu’un vieil homme blanc, qui a l’air dérangé, vienne nous dire, dans notre pays, ce que nous devons faire en Afrique du Sud ».

Cette mobilisation survient dans un contexte de tensions croissantes entre Pretoria et Washington. L’administration Trump a récemment critiqué la politique intérieure sud-africaine, évoquant des préoccupations concernant le traitement des Afrikaners et les programmes de discrimination positive mis en place pour corriger les inégalités historiques.

Brent Bozell, 70 ans, a été convoqué par le ministère sud-africain des Affaires étrangères, moins d’un mois après son arrivée à Pretoria. Dans ses premières déclarations, il a exprimé son mépris pour les décisions judiciaires sud-africaines concernant le chant polémique « Kill the Boer », qui est considéré par certains comme un discours de haine. Cette prise de position a suscité une forte réaction parmi les Sud-Africains, comme l’a souligné Siyanda Moloi, un manifestant de 34 ans : « On ne veut plus de lui en Afrique du Sud. On devrait couper les liens avec eux ».

Outre les critiques à l’égard de l’ambassadeur, les manifestants ont également dénoncé les « mesures économiques punitives » imposées par les États-Unis, qui ont entraîné des droits de douane élevés sur les exportations sud-africaines. L’Afrique du Sud se trouve actuellement sous enquête commerciale, ce qui pourrait justifier de nouveaux droits de douane, ajoutant à la frustration des citoyens.

La mobilisation de ce jour férié, symbolique en raison de son lien avec le massacre de Sharpeville en 1960, a attiré un large public à Johannesburg. Les participants ont exprimé leur détermination à défendre leur Constitution et leur souveraineté, comme en témoigne Noxolo Skomolo, une agente immobilière de 53 ans, qui a déclaré : « On est là pour protéger notre Constitution. C’est notre terre et notre pays ».

Les banderoles et slogans affichés durant la manifestation ont clairement illustré le refus des Sud-Africains d’accepter ce qu’ils perçoivent comme une ingérence étrangère dans leurs affaires nationales. Dans un climat de tensions internationales, cette démonstration de force politique témoigne de la volonté des Sud-Africains de défendre leur identité et leur autonomie face à des pressions extérieures.

Cette journée de protestation a rappelé aux participants que l’histoire de leur pays est marquée par la lutte pour les droits et la dignité, et qu’ils continuent à se battre pour protéger les acquis de leur démocratie.