Des files d’attente interminables, des pistolets de pompes condamnés et des affiches signalant l’indisponibilité du gasoil : ces scènes se répètent dans de nombreuses stations-service à travers la France. Pour les automobilistes qui dépendent de leur plein pour aller travailler ou partir en week-end, la situation devient préoccupante. En effet, une enseigne particulièrement connue concentre désormais l’essentiel des ruptures de stock, ce qui pourrait priver certains clients de carburant.
EN BREF
- Les stations TotalEnergies sont les plus touchées par la pénurie de gasoil.
- Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran a fait exploser les prix du pétrole.
- Le gouvernement assure qu’il n’y a pas de risque de pénurie généralisée.
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les prix du pétrole ont connu une flambée sans précédent. En France, le prix du litre de diesel a dépassé les 2 euros, passant d’environ 1,70 euro à plus de 2 euros en moins de dix jours. Pour tenter de contenir ces hausses, TotalEnergies a mis en place un **plafonnement** des prix à 2,09 euros le litre pour le gasoil dans son réseau de stations. Cette initiative a entraîné une affluence massive de clients, attirés par des tarifs plus bas que ceux pratiqués ailleurs.
TotalEnergies, avec environ 3 300 stations-service sur un total de 10 800 en France, est l’un des principaux acteurs du marché. En tant que producteur et distributeur, l’entreprise possède une marge de manœuvre plus importante que celle des distributeurs de grande surface pour gérer les hausses de prix. Mi-mars, l’entreprise a également annoncé un plafonnement à 1,99 euro le litre pour l’essence, attirant encore plus de clients vers ses stations.
Cette situation a eu des conséquences immédiates. Alors que le gasoil se vend à des tarifs largement supérieurs dans d’autres stations, les clients se sont précipités vers TotalEnergies, entraînant des pénuries. En effet, près de 1 830 des 3 300 points de vente du groupe appliquent le tarif plafond, mais les capacités de stockage et les tournées de livraison n’ont pas été suffisantes pour répondre à cette demande accrue.
Le contexte mondial reste délicat. Le régime iranien maintient le blocage du détroit d’Ormuz, un passage crucial pour le transport de pétrole, exacerbant les tensions sur le marché. Pour la France, qui reste très dépendante des importations de produits raffinés, chaque cargaison manquante influe directement sur les prix du gasoil.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : à la fin du dernier week-end de mars, environ 300 stations sur les 10 800 du pays étaient en rupture de gasoil, soit un chiffre trois fois plus élevé qu’en temps normal, et la plupart d’entre elles appartenaient à TotalEnergies. Au total, près de 1 000 points de vente étaient en rupture totale, et plus de 1 200 en rupture partielle, tous réseaux confondus. TotalEnergies évoque des « tensions localisées » et assure que des réapprovisionnements rapides sont en cours.
Face à cette crise, le gouvernement français affirme qu’il n’existe pas de risque de pénurie généralisée. Les stocks stratégiques de carburant restent suffisants pour répondre à la demande. Cependant, pour les habitués de TotalEnergies, la réalité est plus complexe : l’enseigne, souvent la moins chère, est également celle qui subit le plus de ruptures de stock. En octobre 2022, lors des grèves dans les raffineries, ses stations avaient déjà été parmi les plus touchées.
Dans les semaines à venir, la situation semble devoir rester tendue, avec des pénuries principalement localisées chez TotalEnergies. Pour éviter de se retrouver en panne, il est conseillé aux automobilistes de ne pas attendre que leur réservoir soit vide avant de faire le plein. Il est également recommandé de consulter les cartes officielles de disponibilité de carburant et d’envisager de changer de station si toutes les pompes TotalEnergies à proximité sont à sec.