En ce début avril, la situation des stations-service en France suscite des inquiétudes croissantes. Alors que le pays fait face à une hausse des prix du carburant, conséquence d’une guerre prolongée au Moyen-Orient et de tensions logistiques, les chiffres concernant la disponibilité des carburants révèlent une réalité alarmante.
EN BREF
- Plus de 16% des stations-service en France sont en rupture partielle ou totale de carburant.
- Les stations TotalEnergies sont les plus touchées, représentant plus de 60% des ruptures.
- La ministre Maud Bregeon assure qu’il n’y a pas de pénurie à long terme.
Selon des calculs basés sur les données du ministère de l’Économie, plus de 1 600 stations-service sur les 9 800 que compte la France sont en difficulté, un chiffre qui dépasse les 16%. Ce constat a été établi suite aux déclarations de la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, qui a affirmé qu' »moins de 10% » des stations souffraient de ruptures de carburants.
Lors d’une intervention sur TF1, Mme Bregeon a tenté de rassurer le public, déclarant que la majorité des stations en rupture étaient des stations TotalEnergies. Les données montrent qu’en effet, plus de 60% des stations affectées appartiennent à ce groupe, qui a instauré un prix plafond sur ses carburants, entraînant une forte affluence de clients.
Le tableau devient encore plus inquiétant si l’on examine le type de carburant concerné. En effet, ce jeudi 2 avril, environ 1 000 stations étaient en rupture de gazole, représentant 10% des stations françaises. De plus, 635 stations manquaient de Sans Plomb 98, et 484 de E10, tandis que 367 stations étaient à sec de Sans Plomb 95.
La situation actuelle est d’autant plus préoccupante qu’elle a évolué rapidement. Mercredi 1er avril, déjà 1 300 stations étaient signalées en rupture, ce qui équivalait à environ 14% des stations françaises. Ce chiffre a donc augmenté de 20% en seulement 24 heures.
Les stations-service de TotalEnergies sont particulièrement touchées, avec plus de 80% des ruptures de gazole constatées dans leurs établissements. Ce constat met en lumière les défis logistiques que rencontre le groupe, qui subit une forte demande en raison de ses prix attractifs.
Malgré ces difficultés, Maud Bregeon a insisté sur le fait qu’il n’y avait pas de raison de s’inquiéter pour l’approvisionnement à long terme. Elle a rappelé que la France dispose de stocks stratégiques de 100 millions de barils, dont 14,5 millions sont prévus pour être libérés progressivement pour répondre à la demande.
La situation actuelle des stations-service en France est, sans conteste, le reflet d’une conjoncture complexe. Les automobilistes doivent faire face à des ruptures qui, bien que temporaires, révèlent une fragilité du système d’approvisionnement en carburant. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer si ces difficultés perdureront ou si des mesures effectives permettront de stabiliser la situation.