Les agriculteurs alertent sur la flambée du gazole lors du congrès de la FNSEA à Caen

Lors du congrès de la FNSEA qui s’est tenu à Caen, les agriculteurs ont exprimé leur inquiétude face à la hausse des prix du gazole non routier, particulièrement impactés par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, était présente, mais n’a pas apporté de nouvelles mesures pour répondre à leurs préoccupations.

EN BREF

  • Les agriculteurs demandent une aide de 30 centimes par litre de gazole.
  • La hausse des prix impacte gravement les trésoreries des exploitations.
  • Des mobilisations pourraient reprendre si aucune réponse concrète n’est apportée.

Les agriculteurs, réunis en nombre au parc des expositions de Caen, ont manifesté leur mécontentement en brandissant des pancartes et en exprimant leur frustration lors du discours du président de la FNSEA, Arnaud Rousseau. Ce dernier a souligné l’importance de la situation, en rappelant que le prix du gazole avait doublé, mettant ainsi en péril les budgets des exploitations agricoles.

La flambée des prix s’explique en grande partie par le blocage du détroit d’Ormuz, un passage clé pour l’approvisionnement en gaz et engrais, qui a été perturbé par les conflits au Moyen-Orient. Benoît Piétrement, président de l’interprofession des céréales, a témoigné de la morosité ambiante parmi les agriculteurs, évoquant des craintes pour les prochaines récoltes.

Lors de son intervention, Annie Genevard a rappelé que le gouvernement avait déjà prévu des allègements fiscaux pour le gazole non routier, mais beaucoup estiment que ces mesures ne suffisent pas face à l’urgence de la situation. Le syndicat agricole a critiqué le soutien proposé par le gouvernement, le qualifiant de « miettes » face à leurs besoins.

La ministre a également mentionné avoir contacté Bruxelles pour obtenir des fonds d’urgence pour les céréaliers français, mais a déploré l’indifférence de la Commission européenne à leurs demandes. En parallèle, elle a plaidé pour une suspension de la taxe carbone européenne sur les engrais, tant que des mesures de compensation ne seront pas mises en place.

Arnaud Rousseau a averti que sans une prise en charge adéquate des coûts du gazole, les agriculteurs pourraient être contraints de reprendre leurs mobilisations. Celles-ci avaient déjà été très présentes dans les campagnes françaises ces dernières années, et nombreux sont ceux qui s’inquiètent des conséquences d’une nouvelle vague de manifestations.

Les agriculteurs ne souhaitent pas seulement des aides au revenu, mais des mesures concrètes pour maintenir leur activité. « Le drame, c’est que les agriculteurs pourraient choisir de ne pas semer cet été, car il vaut mieux ne rien faire que de continuer à produire », a insisté Rousseau.

Alors que l’hiver 2023-2024 pourrait voir une nouvelle hausse de la taxation sur le gazole, les agriculteurs se disent prêts à agir si aucune réponse satisfaisante n’est apportée. Dans les coulisses du congrès, des membres du syndicat ressentent déjà l’angoisse croissante des exploitants, et une mobilisation pourrait se traduire par un vote en faveur de l’extrême droite aux élections à venir, si la situation ne s’améliore pas.