Le 7 octobre 2025, l’eurodéputée de La France Insoumise, Rima Hassan, a été placée en garde à vue à Paris dans le cadre d’une enquête sur une publication jugée comme une apologie du terrorisme. Elle est ressortie libre en fin de soirée et sera jugée le 7 juillet pour ses propos tenus sur le réseau social X.
EN BREF
- Rima Hassan sera jugée pour apologie du terrorisme suite à un post sur X.
- Elle a été placée en garde à vue et a dénoncé des accusations de possession de drogues.
- Son placement en garde à vue a provoqué des réactions au sein de La France Insoumise.
Rima Hassan, âgée de 33 ans, a été convoquée à la police judiciaire où les autorités ont procédé à son interpellation. Selon le parquet de Paris, cette garde à vue a été rendue possible sans levée de son immunité parlementaire, en raison de la nature de l’enquête en cours.
La publication controversée évoquée date du 26 mars 2026. Dans son tweet, l’eurodéputée a fait référence à Kōzō Okamoto, un homme impliqué dans un attentat qui a causé la mort de 26 personnes en 1972 à l’aéroport israélien de Lod-Tel Aviv. Rima Hassan a partagé une image accompagnée de drapeaux du Japon et de la Palestine, ainsi qu’une citation attribuée à Okamoto : « J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir ».
Cette publication a été signalée aux autorités par plusieurs entités, dont le ministre de l’Intérieur et l’Organisation juive européenne, ainsi que la Licra. À sa sortie de garde à vue, Rima Hassan a annoncé qu’elle tiendrait une conférence de presse le lendemain, tout en soulignant que la police avait agi de manière professionnelle lors de son interrogatoire.
Elle a également réagi aux accusations de possession de drogues, affirmant que seules des substances légales, comme le CBD, avaient été trouvées lors de la fouille de ses effets personnels. Le parquet a précisé qu’une petite quantité de drogue de synthèse, la 3MMC, avait été découverte, mais a signalé que cette affaire serait traitée séparément.
Le placement en garde à vue de Rima Hassan a suscité une vive réaction au sein de son parti. Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise, a dénoncé ce qu’il qualifie de « police politique », tandis que Manon Aubry, une autre eurodéputée, a évoqué un « harcèlement judiciaire » à son encontre.
Rima Hassan fait également l’objet de six autres procédures judiciaires, dont le parquet ne souhaite pas commenter car elles sont toujours en cours. Précédemment, treize autres affaires avaient été classées sans suite après un examen approfondi des contextes dans lesquels les propos avaient été tenus.
Porte-drapeau de la cause palestinienne, Rima Hassan ne cache pas ses opinions tranchées sur l’État d’Israël, qu’elle désigne comme un « État terroriste ». Elle s’est fait connaître sur la scène politique française à l’occasion des élections européennes de 2024, où sa candidature à Bruxelles a été présentée comme un argument clé pour mobiliser les électeurs.
Son engagement a également été marqué par deux tentatives de rejoindre la bande de Gaza à bord de bateaux pour dénoncer la situation humanitaire, ce qui lui a valu une détention temporaire par les forces israéliennes lors d’une interception.
Alors que le débat autour de ses publications se poursuit, la prochaine audience prévue en juillet sera cruciale pour l’avenir politique de Rima Hassan et pour les répercussions de son discours au sein de la sphère publique.