Jeremstar défend son action anticorrida devant la justice de Nîmes

Ce jeudi, le tribunal correctionnel de Nîmes a entendu l’influenceur Jeremstar, dont le vrai nom est Jérémy Gisclon, dans le cadre d’un procès lié à son action anticorrida. L’événement, qui a eu lieu le 2 avril 2026, s’inscrit dans un contexte particulièrement sensible concernant la corrida en France.

EN BREF

  • Jeremstar a fait irruption dans une arène lors d’une corrida à Nîmes.
  • Il ne regrette pas son action, visant à dénoncer des pratiques jugées barbares.
  • Le jugement sera rendu le 9 juin 2026.

Jeremstar a exprimé sans détours son intention de dénoncer « ces spectacles barbares » lors de sa comparution. Accueilli par des centaines de jeunes fans et des militants de la cause animale, il a montré son engagement à travers un t-shirt portant l’inscription « Torturer des taureaux est un crime ». Ce geste a d’ailleurs été critiqué par la présidente du tribunal, qui lui a demandé de retirer son vêtement pendant l’audience.

Âgé de 39 ans et suivi par près de 2,5 millions de personnes sur Instagram et 2,9 millions sur TikTok, Jeremstar est une figure marquante des réseaux sociaux. Sa notoriété s’est construite autour de ses interviews de personnalités issues de la téléréalité. Aujourd’hui, il se retrouve au centre d’un débat de société majeur : la corrida. En septembre 2025, il avait fait irruption au milieu d’une corrida à Nîmes, brandissant un tissu affichant « F*CK la CORRIDA » après la mise à mort d’un taureau.

Le procureur a requis une amende de 5 000 à 6 000 euros à son encontre, avec une interdiction d’entrer dans les arènes. La question principale du procès repose sur la définition même de la corrida : peut-elle être considérée comme une compétition sportive ? Le procureur, Frédéric Kocher, a soutenu que l’affrontement entre le torero et le taureau constitue bel et bien une compétition, malgré les opinions variées sur le sujet.

Les défenseurs de la corrida soulignent son importance en tant que tradition culturelle régionale, tandis que les militants pour la cause animale dénoncent les souffrances infligées aux animaux. La corrida de Nîmes, qui se tenait durant la feria des vendanges, a été brièvement interrompue par l’intrusion de Jeremstar, accompagnée de deux autres activistes. Ces derniers sont également poursuivis pour des actions similaires, tandis que deux femmes, organisatrices de l’événement, font face à des accusations de complicité.

La société Casas & Co, organisatrice des spectacles tauromachiques à Nîmes, s’est constituée partie civile. Son avocat, Guillaume Barnier, a demandé une condamnation des prévenus, qualifiant leur comportement de « vindicatif » et contraire à l’ordre public, tout en dénonçant l’apparente banalité de leurs actions.

Le tribunal rendra son jugement le 9 juin 2026, une décision qui pourrait avoir des répercussions sur le débat autour de la corrida en France. Ce procès souligne les profondes divisions qui existent dans la société française concernant les pratiques traditionnelles et la protection des animaux.

Dans ce climat de tensions, la voix de Jeremstar, loin d’être anecdotique, résonne comme un écho des luttes contemporaines pour les droits des animaux, tout en soulevant des questions sur la place des traditions dans notre société moderne.