Les forces russes en recul en Ukraine : une première depuis septembre 2023

Pour la première fois depuis septembre 2023, les forces russes n’ont enregistré aucun gain territorial significatif en Ukraine au cours du mois de mars. Ce constat, établi par l’AFP à partir des données de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), révèle une stagnation inquiétante pour Moscou, qui se retrouve confrontée à un ralentissement de ses initiatives militaires.

EN BREF

  • En mars 2026, les forces russes n’ont pris que 23 km² de territoire en Ukraine.
  • Les contre-offensives ukrainiennes et des restrictions technologiques freinent l’avancée russe.
  • Moscou contrôle actuellement 19 % du territoire ukrainien, dont une majorité acquise au début du conflit.

Après une avancée de 123 km² en février, qui constituait déjà la plus faible progression depuis avril 2024, les forces russes ont connu un net recul. Ce mois de mars s’inscrit dans un contexte où les offensives ukrainiennes se sont intensifiées, rendant la situation sur le terrain de plus en plus défavorable pour l’armée russe.

Analyse des données militaires

Selon l’ISW, la Russie a non seulement enregistré une stagnation, mais a également perdu du terrain dans certaines zones stratégiques. Par exemple, sur la portion sud de la ligne de front, entre les régions de Donetsk et Dnipropetrovsk, l’armée russe a dû céder du territoire qu’elle occupait depuis juin 2025. Cette zone, qui était de 400 km² fin janvier, est désormais réduite à 144 km² en mars.

Les raisons de ce recul sont multiples. D’une part, les contre-offensives menées par les troupes ukrainiennes ont été efficaces. D’autre part, les restrictions imposées par le Kremlin sur l’utilisation des technologies, notamment les terminaux Starlink, ont également joué un rôle. La popularité de la messagerie Telegram, essentielle pour la communication, a été entravée par des blocages, incitant le gouvernement russe à promouvoir des alternatives comme la plateforme Max.

Les enjeux de la communication militaire

La communication sur le front est cruciale dans un conflit moderne. Les restrictions d’accès à Telegram ont eu un impact tangible sur l’organisation militaire russe. En limitant les canaux de communication, le Kremlin cherche à contrôler l’information, mais cela pourrait également nuire à l’efficacité de ses opérations sur le terrain.

Par ailleurs, alors que les forces russes reculent dans certaines régions, des avancées ont été signalées dans la région de Donetsk, notamment en direction des villes stratégiques de Kramatorsk et Sloviansk, où les troupes russes ont progressé d’environ 50 km² en un mois. Cette dualité dans les résultats sur différents fronts souligne la complexité de la situation militaire actuelle.

Alors que l’année 2025 avait vu une dynamique favorable à l’armée russe, la tendance semble s’inverser en ce début d’année 2026. Les premiers mois de cette année montrent des gains territoriaux russes deux fois moins importants qu’à la même période l’année précédente, ce qui pourrait signaler une phase critique dans le conflit qui dure maintenant depuis quatre ans.

En résumé, la Russie, qui contrôle actuellement environ 19 % du territoire ukrainien, fait face à des défis sans précédent. Bien que des zones telles que la Crimée et certaines parties du Donbass aient été sous contrôle russe avant l’invasion, les récents événements indiquent un tournant potentiel dans la guerre, avec des implications majeures pour l’avenir du pays et de la région.