Ce samedi 4 avril, le ministère français des Affaires étrangères a annoncé l’exécution de Chan Thao Phoumy, un Français de 62 ans, condamné à mort en Chine pour trafic de drogue. Cette décision, qui a suscité une onde de choc en France, a été qualifiée de « consternation » par les autorités françaises, qui avaient tenté d’intervenir pour obtenir une clémence humanitaire.
EN BREF
- Chan Thao Phoumy, Français de 62 ans, exécuté en Chine pour trafic de drogue.
- Le Quai d’Orsay dénonce une violation des droits de la défense.
- La France réaffirme son opposition à la peine de mort.
Né au Laos, Chan Thao Phoumy avait été incarcéré en 2005 avant d’être initialement condamné à la réclusion à perpétuité. Toutefois, un nouveau procès avait été ordonné suite à l’apparition « d’éléments nouveaux », conduisant à sa condamnation à mort par un tribunal de Canton. Il était accusé d’être impliqué dans un réseau de production de méthamphétamine, ayant opéré en Chine entre 1999 et 2003.
Le ministère français a exprimé des préoccupations concernant le déroulement judiciaire du cas de M. Chan, notamment le fait qu’il n’ait pas eu accès à sa dernière audience. Cette situation est perçue comme une violation des droits de l’accusé, ce qui a renforcé l’indignation des autorités françaises. « Nous regrettons particulièrement que la défense de M. Chan n’ait pas eu accès à la dernière audience au tribunal », a déclaré le Quai d’Orsay dans un communiqué.
La peine de mort fait l’objet d’un débat intense en France, où le gouvernement appelle à son abolition universelle. Le Quai d’Orsay a réaffirmé sa position contre cette pratique, insistant sur le fait que la France s’oppose à la peine de mort « partout et en toutes circonstances ».
Selon des données fournies par l’association Ensemble contre la peine de mort (ECPM), Chan Thao Phoumy était l’un des quatre Français actuellement condamnés à mort dans le monde. Parmi eux figurent Nora Lalam, condamnée en Algérie, ainsi que Stéphane Aït Idir et Redouane Hammadi, condamnés au Maroc pour un attentat en 1994.
Dans un contexte similaire, un autre Français, Serge Atlaoui, avait été condamné à mort en Indonésie en 2007. Grâce à un accord diplomatique, il a été transféré en France en février 2025, où sa peine a été commuée en 30 ans de réclusion, et il a été libéré en juillet de la même année.
Amnesty International, dans son rapport de 2024, a mis en lumière la situation alarmante de la peine de mort en Chine. Cette organisation a souligné que la Chine est le pays ayant procédé au plus grand nombre d’exécutions, avec des milliers de personnes condamnées et exécutées chaque année. Cependant, ces chiffres restent obscurs, car le gouvernement chinois ne publie pas de statistiques officielles sur l’application de la peine capitale, classées comme secret d’État.
Alors que le débat sur la peine de mort continue de diviser l’opinion publique, l’exécution de Chan Thao Phoumy rappelle l’importance des droits de l’homme dans les relations internationales et l’engagement de la France à défendre ces principes, même face à des décisions judiciaires controversées à l’étranger.