Nicolas Sarkozy défend son intégrité au procès en appel sur le financement libyen

Mardi 7 avril 2026, Nicolas Sarkozy a pris la parole devant la cour d’appel de Paris dans le cadre de l’affaire de soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. L’ancien président de la République a réaffirmé son innocence, insistant sur l’absence de tout pacte de corruption avec le régime de Mouammar Kadhafi.

EN BREF

  • Nicolas Sarkozy rejette les accusations de financement libyen de sa campagne.
  • Il reconnaît des erreurs de ses deux anciens collaborateurs dans la gestion du dossier.
  • Le procès se déroule dans un contexte émotionnel fort, lié aux victimes de l’attentat du DC-10.

Lors de cet interrogatoire, Sarkozy a exprimé son empathie envers les familles des victimes de l’attentat du DC-10, survenu en septembre 1989. Il a reconnu que ces proches ont le droit d’être entendus et de chercher la vérité. « Les victimes ont tous les droits, elles ont souffert », a-t-il déclaré, tout en insistant sur l’importance de la vérité.

Pour l’ancien chef d’État, il est primordial de clarifier que « la vérité, c’est qu’il n’y a pas eu un seul centime d’argent libyen dans ma campagne. » Il a ajouté que le dictateur libyen n’avait aucune influence sur lui, que ce soit financièrement, politiquement ou personnellement.

Un procès aux enjeux émotionnels

Le président de la cour, Olivier Géron, a fait référence à l’ambition politique de Sarkozy en 2006, période décisive avant l’élection présidentielle de 2007. L’ancien ministre de l’Intérieur a défendu son statut de « candidat naturel » pour l’UMP, affirmant que ses collaborateurs avaient agi sans son consentement en rencontrant des dignitaires libyens, ce qu’il a qualifié d’erreur.

Sarkozy a exprimé son désaccord avec le jugement précédent, qui l’a condamné pour « association de malfaiteurs ». Il a déclaré : « Claude Guéant et Brice Hortefeux ont été victimes d’imprudence. » Sur la question des rencontres avec Ziad Takieddine, il a soutenu qu’il n’était pas en relation directe avec cet intermédiaire.

La défense de Sarkozy s’est aussi appuyée sur des éléments de son récit personnel, soulignant son engagement à « partager des émotions et des sentiments » avec les électeurs. « Un président de la République n’est pas qu’un homme politique », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité d’une connexion émotionnelle avec le peuple.

Réactions des victimes et des parties civiles

Malgré ses déclarations, certaines parties civiles restent sceptiques. Maryvonne Raveneau, veuve d’un pilote décédé dans l’attentat, a exprimé son indignation face à ce qu’elle percevait comme un déni de la part de Sarkozy. « Voir et entendre Nicolas Sarkozy [m’inspire] deux mots : déni et mensonge », a-t-elle déclaré.

Le procès se poursuit avec des témoignages et des preuves à examiner, dans une atmosphère chargée d’émotions et de visions divergentes sur la vérité des faits reprochés à l’ancien président. La cour devra trancher sur la crédibilité des arguments avancés par Sarkozy et sur la réalité de ses interactions avec le régime libyen.

Alors que le procès se déroule, le regard du pays reste fixé sur cette affaire qui a des implications profondes non seulement pour Sarkozy, mais aussi pour la confiance des citoyens envers leurs représentants.