La France affrontait un défi de taille en matière de réduction des gaz à effet de serre en 2025. Les dernières données du Citepa, publiées ce mercredi, révèlent une baisse limitée de 1,5%, largement insuffisante pour atteindre les objectifs climatiques fixés par le pays. Cette stagnation des progrès illustre une tendance préoccupante qui se manifeste également dans d’autres pays industrialisés, alors que le monde continue d’enregistrer des températures alarmantes.
EN BREF
- Les émissions de gaz à effet de serre en France ont diminué de 1,5% en 2025.
- Cette baisse est nettement inférieure aux objectifs de réduction fixés pour la période 2024-2028.
- Des efforts significatifs sont nécessaires, notamment dans le secteur des transports.
Le rapport du Citepa indique que cette décélération des efforts de décarbonation marque un net recul par rapport aux baisses observées durant les années précédentes, où les réductions atteignaient entre 2% et 4% par an. La situation actuelle soulève des questions sur la volonté politique et les actions concrètes mises en place pour lutter contre le changement climatique.
Selon le communiqué du Citepa, même si « la tendance à la baisse des émissions se maintient », le rythme de cette diminution reste insuffisant pour respecter les engagements de la France, notamment ceux établis dans la Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3). Ce plan, présenté en décembre dernier, vise à réduire les émissions d’environ 4% par an jusqu’en 2028 pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.
Des critiques sur l’inaction gouvernementale
Anne Bringault, directrice des Programmes du Réseau Action Climat (RAC), a exprimé des inquiétudes quant à la performance des gouvernements successifs depuis 2024. Elle décrit le bilan actuel comme déplorable et appelle à une réaction forte des pouvoirs publics. Les résultats actuels illustrent les conséquences des reculs sur les politiques de transition écologique, avec des émissions qui baissent trois fois moins vite que prévu.
Pour l’année 2025, le total des émissions en France, hors puits de carbone, est évalué à 364 millions de tonnes équivalent CO2. Ce chiffre représente une baisse par rapport à 2024, mais il est en deçà des attentes. En janvier, une précédente estimation avait évoqué une diminution de 1,6% en 2024, après un recul de 1,8% l’année précédente.
Les secteurs en difficulté
La question de la dépendance aux énergies fossiles a été mise en lumière par la guerre au Moyen-Orient, soulignant l’urgence d’une transition énergétique efficace. Cependant, la France, comme d’autres pays développés, peine à s’attaquer aux secteurs les plus difficiles à décarboner, tels que les transports et le raffinage.
Dans le secteur des transports, qui représente 34% des émissions totales, la réduction des gaz à effet de serre n’est que de 1,4% en 2025. Cela souligne le besoin urgent d’efforts supplémentaires pour réduire l’impact environnemental de ce secteur. De plus, l’industrie de l’énergie a vu ses émissions légèrement augmenter après une période de baisse.
Les améliorations précédentes avaient été largement attribuées à un mix énergétique décarboné pour la production d’électricité. Toutefois, avec moins de gains potentiels dans ce secteur, le besoin d’innovation et de politiques incitatives devient encore plus pressant.
En revanche, le secteur manufacturier a montré un recul de 3,5% de ses émissions, grâce à une diminution de certaines activités fortement émettrices. Cela démontre que des progrès sont possibles, mais qu’ils nécessitent une volonté politique et des actions ciblées.
Le ralentissement observé en France s’aligne avec des tendances similaires dans d’autres pays, comme l’Allemagne, où les émissions ont stagné. Aux États-Unis, les émissions ont même augmenté de 2,4% en 2025, après deux années de baisse, principalement à cause d’un hiver rigoureux et d’une demande accrue en raison de l’essor technologique.
Alors que les défis climatiques se multiplient, il est impératif que la France renforce ses efforts pour atteindre ses objectifs environnementaux et garantir un avenir durable pour les générations à venir.