Donald Trump a récemment clamé une victoire « totale et complète » après avoir suspendu son ultimatum à l’Iran, évitant ainsi des menaces d’attaques militaires. Sur son réseau social Truth Social, le président américain a annoncé l’« OUVERTURE TOTALE, IMMÉDIATE ET SÉCURISÉE du détroit d’Ormuz », un passage clé pour le transit de 20 % du pétrole brut mondial. Le ministre iranien des Affaires étrangères a confirmé que Téhéran garantirait la sécurité des traversées, avec de premières navigations observées le 8 avril.
EN BREF
- Donald Trump annonce la réouverture du détroit d’Ormuz, essentiel pour le pétrole mondial.
- Des opposants soulignent que le détroit était déjà ouvert avant les bombardements.
- Les conditions de la réouverture demeurent floues, et l’Iran conserve son contrôle stratégique.
Cette annonce est d’une importance capitale, car le blocage du détroit avait eu des répercussions majeures sur les marchés énergétiques mondiaux, faisant grimper les prix des carburants. En France, le litre de gazole a atteint des sommets historiques et aux États-Unis, le gallon a dépassé quatre dollars. Avec la réouverture du détroit, les cours du pétrole ont immédiatement baissé de 15 %, ce qui pourrait offrir un répit à l’économie mondiale.
Cependant, cette victoire proclamée par Trump est sujette à caution. Jim McGovern, un membre démocrate de la chambre des Représentants, a ironisé sur le fait que le détroit était déjà accessible avant le lancement des frappes américaines. « Donc, il va arrêter de bombarder l’Iran afin de rouvrir le détroit d’Ormuz… qui était ouvert avant qu’il ne commence à bombarder l’Iran », a-t-il déclaré sur X.
Gérard Araud, ancien ambassadeur de France aux États-Unis, a également fait preuve de sarcasme en affirmant que Trump ne se contentait pas simplement de rouvrir le détroit, mais qu’il avait également permis à l’Iran de percevoir des droits de passage des navires. Ce dernier point met en lumière les conditions floues qui entourent cette réouverture.
Les modalités de cette réouverture restent encore à clarifier. Le plan de cessez-le-feu de deux semaines stipule que l’Iran et Oman pourront prélever des frais sur les navires passant par le détroit d’Ormuz. Cela soulève des interrogations quant à la véritable maîtrise de ce passage stratégique par l’Iran, alors que Trump espérait un contrôle américain accru.
Il convient également de rappeler que les objectifs de guerre de Trump, annoncés lors des cinq dernières semaines, n’ont pas été atteints. La promesse d’une « reddition inconditionnelle » de l’Iran et le changement de régime espéré semblent lointains. Bien que des figures clés, y compris l’Ayatollah Khamenei, aient été éliminées, le pouvoir des Gardiens de la Révolution demeure intact à Téhéran, où la répression continue de sévir.
La question sensible du programme nucléaire iranien reste également en suspens. Trump a déclaré que la problématique de l’uranium iranien serait « parfaitement réglée » durant la trêve récemment instaurée. Cela laisse entrevoir des négociations importantes à venir sur divers sujets cruciaux, et il sera intéressant de voir si Trump parviendra à appliquer son « art du deal » sur la scène géopolitique.
Au bout du compte, cette réouverture du détroit d’Ormuz, bien qu’elle soit présentée comme un succès par Trump, suscite des doutes quant à sa réelle portée et à l’impact futur sur les relations internationales et l’économie mondiale.