Nicolas Sarkozy défend sa campagne de 2007 lors de son procès en appel

Lors de cette deuxième journée d’interrogatoire, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois nié avoir bénéficié d’un financement libyen pour sa campagne présidentielle de 2007. L’ancien président de la République a été interrogé devant la cour d’appel de Paris le 8 avril 2026, dans le cadre des accusations de « pacte de corruption » avec le régime de Mouammar Kadhafi.

EN BREF

  • Nicolas Sarkozy réfute les accusations de financement libyen de sa campagne de 2007.
  • Il a critiqué les témoignages, les qualifiant de vengeance personnelle.
  • Claude Guéant, son ancien collaborateur, est absent pour des raisons de santé.

Lors de son interrogatoire, Nicolas Sarkozy a affirmé que les accusations portées contre lui étaient motivées par la haine. Il a notamment évoqué les déclarations de Saïf al-Islam Kadhafi, qui avait affirmé en 2011 que l’ancien président avait reçu de l’argent libyen. Selon Sarkozy, ces allégations ne reposent sur rien de solide et visent à le discréditer.

Sarkozy a également évoqué Ziad Takieddine, un homme d’affaires franco-libanais impliqué dans l’affaire, qu’il a qualifié de « perdant », en raison de ses multiples versions des faits. L’ancien président a soutenu que Takieddine avait utilisé l’argent pour financer son propre train de vie plutôt que pour soutenir sa campagne.

Le tribunal de première instance avait relaxé Nicolas Sarkozy, n’ayant pas pu établir la preuve d’un financement illégal. Cependant, le procès en appel vise à examiner la question de la provenance des fonds et leur utilisation durant la campagne électorale. Sarkozy a insisté sur le fait qu’aucune somme supérieure à 35 000 euros n’avait été prouvée comme ayant été versée en espèces.

« Il n’y a pas eu de circulation de liquide dans ma campagne en 2007 », a-t-il réitéré, soulignant que les dons avaient été majoritairement anonymes et vérifiés par des juges d’instruction à plusieurs reprises.

Le président de la cour, Olivier Géron, a tenté de comprendre les implications de la gestion de Claude Guéant, directeur de sa campagne. Sarkozy a affirmé ne pas être au courant des transactions personnelles de Guéant, qui est absent en raison de problèmes de santé. Le magistrat a mis en lumière les dépôts et paiements en espèces effectués par Guéant, soulevant ainsi des doutes quant à la transparence financière de leur campagne.

Sarkozy a également tenu à préciser sa position par rapport aux accusations d’enrichissement personnel visant Guéant. « Je ne peux pas dire comment Claude Guéant gère ses affaires personnelles », a-t-il déclaré, se distanciant ainsi des actions de son ancien collaborateur.

Malgré ces interrogations, Nicolas Sarkozy a affirmé sa cohérence tout au long de son interrogatoire : « C’est déjà un grand pas vers la crédibilité », a-t-il conclu. Le procès se poursuivra avec un troisième jour d’interrogatoire, où l’ancien président devra continuer à défendre sa position face aux accusations dont il fait l’objet.

Ce procès en appel représente un moment crucial pour Nicolas Sarkozy, dont l’avenir politique et judiciaire reste incertain. Les enjeux dépassent les simples questions de financement de campagne et touchent à la perception publique de son intégrité et de sa légitimité en tant qu’ancien chef de l’État.