Viktor Orban utilise l’Ukraine comme bouc émissaire avant les élections législatives en Hongrie

À l’approche des élections législatives du 12 avril, le Premier ministre hongrois Viktor Orban intensifie ses attaques contre l’Ukraine et l’Union européenne. Dans un contexte de tensions croissantes, sa stratégie vise à détourner l’attention des électeurs tout en jouant sur les craintes de la population.

EN BREF

  • Viktor Orban cible l’Ukraine dans sa campagne électorale pour détourner l’attention des problèmes internes.
  • Les sondages montrent une baisse de popularité pour Orban, créant un climat de peur lié à la guerre.
  • La campagne est marquée par des tensions anti-ukrainiennes et des manipulations d’informations.

À travers tout le pays, l’image de Volodymyr Zelensky est omniprésente, associée à des messages alarmistes. Les affiches électorales du parti Fidesz, dirigé par Orban, luttent pour créer un lien entre l’opposition et le président ukrainien, le présentant comme un danger pour la Hongrie. Cette manœuvre a pour but de galvaniser les électeurs alors que le leader populiste voit sa popularité décliner dans les sondages.

Actuellement, le leader du parti d’opposition, Péter Magyar, est en tête avec près de 50 % des intentions de vote, tandis qu’Orban plafonne à 39 %. L’attaquant habituel de l’Union européenne, Orban, s’est également rapproché de la Russie ces dernières années, rendant ses critiques de l’Ukraine encore plus paradoxales. Les tensions se sont exacerbées suite à l’arrêt des livraisons de pétrole russe via l’Ukraine, Budapest accusant Kiev de retarder les réparations nécessaires.

Durant ses discours de campagne, Orban souligne la nécessité de protéger la Hongrie de la guerre, affirmant : « Nous n’enverrons pas d’hommes, pas d’armes et pas d’argent. » Ce discours vise à rassurer les électeurs tout en exploitant leurs craintes face à un conflit qui semble se rapprocher des frontières hongroises.

Le Premier ministre affirme également que l’argent des contribuables hongrois doit être utilisé à l’intérieur du pays plutôt que d’être envoyé à l’étranger, un message qui trouve écho chez des électeurs inquiets pour leur avenir économique. Dans une Hongrie où les sentiments anti-ukrainiens sont en hausse, un sondage de décembre 2025 a révélé que 64 % des Hongrois s’opposent à l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, et 74 % sont contre une aide financière à Kiev.

Les discours d’Orban ne manquent pas d’attirer un public fervent. Au cours d’un meeting à Ocsa, les participants, malgré une légère pluie, brandissent des drapeaux hongrois et affichent leur soutien au Premier ministre. « Je veux que la Hongrie évite la guerre et que mes enfants n’aillent pas au front, » déclare un des soutiens, reflétant un sentiment partagé par de nombreux Hongrois.

Mais la campagne est également marquée par des fausses informations et une manipulation de l’opinion publique, notamment sur les réseaux sociaux. Les experts soulignent que l’utilisation d’éléments de propagande, souvent alimentés par des comptes russes, contribue à créer une atmosphère de méfiance envers l’Ukraine.

De l’autre côté, Péter Magyar, bien qu’il n’ait pas fait de l’Ukraine un enjeu central de sa campagne, critique les liens d’Orban avec la Russie. Il propose des relations apaisées avec Kiev et les institutions européennes, mais sa position reste prudente, en phase avec le sentiment anti-ukrainien populaire en Hongrie.

À quelques jours des élections, la tension est palpable et la peur de la guerre est un sujet récurrent dans les conversations. Les électeurs expriment leur désir de paix tout en naviguant dans un paysage politique complexe où la manipulation de l’information et les émotions dominent le discours public.

Dans ce contexte, les enjeux pour la Hongrie et son avenir politique sont cruciaux. Les prochaines élections législatives seront un test déterminant non seulement pour Viktor Orban mais aussi pour le pays dans son ensemble, alors que les Hongrois se préparent à faire un choix déterminant face à une situation internationale incertaine.