Des pourparlers entre le Liban et Israël sont prévus la semaine prochaine à Washington, dans un contexte de tensions croissantes après des frappes israéliennes meurtrières sur le territoire libanais. Ce jeudi 9 avril, un responsable américain a confirmé que le département d’État accueillera une réunion pour discuter des négociations de cessez-le-feu entre les deux pays. Ces discussions interviennent alors que la trêve précaire conclue entre les États-Unis et l’Iran est mise à l’épreuve.
EN BREF
- Des négociations entre le Liban et Israël auront lieu la semaine prochaine à Washington.
- Le Liban exige un cessez-le-feu de 15 jours avant de négocier.
- Les frappes israéliennes continuent, suscitant des inquiétudes sur la trêve.
Après un appel à la retenue lancé par le président américain Donald Trump, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a annoncé qu’il ordonnait à son cabinet de s’engager dans des « négociations directes » avec le Liban. Ces pourparlers devraient porter sur le désarmement du Hezbollah et sur l’établissement de relations pacifiques entre Israël et le Liban, qui restent techniquement en état de guerre.
Cependant, le Liban pose une condition préalable à ces discussions. Le ministre libanais, Ghassan Salamé, a exprimé la nécessité d’un cessez-le-feu formel de 15 jours pour créer un environnement propice aux négociations. Selon lui, « il faut que le canon cesse de tonner pour que les négociateurs puissent s’écouter ». Cette demande reflète une volonté d’assurer un cadre de dialogue plus serein, après des jours de violences.
Malgré ces demandes, Benyamin Netanyahou a averti que les frappes israéliennes contre le Hezbollah se poursuivraient, soulignant la nécessité de rétablir la sécurité pour les habitants du nord d’Israël. Un responsable israélien a également affirmé à Axios qu’Israël ne respecterait pas un cessez-le-feu au Liban, ce qui complique encore la situation.
Les tensions s’exacerbent alors que le nombre de victimes des frappes israéliennes a atteint des chiffres alarmants. Selon le ministère de la Santé à Beyrouth, ces attaques ont causé plus de 300 morts et un millier de blessés. À Ain el Mreisseh, un quartier touché par les bombardements, des corps gisent sous les décombres, témoignant de la gravité de la situation. Un habitant, Khaled Salam, s’est insurgé : « Regardez, ce sont des cahiers, des cours, des livres ! Où est le Hezbollah ici ? »
Alors que la communauté internationale suit de près ces développements, la crainte grandit que la trêve ne soit compromise. Vendredi matin, le ministre libanais a noté que le calme semblait plus présent qu’au cours des dernières heures particulièrement douloureuses, mais l’inquiétude demeure palpable.
Dans ce contexte de tensions, Donald Trump a confirmé avoir plaidé pour la retenue auprès de Netanyahou. Des échanges téléphoniques entre les deux dirigeants et l’émissaire américain Steve Witkoff ont eu lieu mercredi, selon le site d’information Axios. De son côté, le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a qualifié de « inacceptable » la poursuite des attaques israéliennes lors d’une récente visite dans le Golfe.
Ces développements soulignent une situation complexe et volatile, mettant en évidence les défis auxquels font face les acteurs régionaux dans la recherche d’une paix durable. Les négociations à venir à Washington pourraient s’avérer cruciales pour l’avenir des relations entre le Liban et Israël.